Table of Contents
Une enquête récente met en lumière la traque des opposants azerbaïdjanais jusque sur le sol français par les autorités de Bakou. Les menaces et violences contre ces dissidents soulèvent des inquiétudes quant à la sécurité des réfugiés politiques en Europe.
Un drame tragique à Mulhouse
Le 29 septembre 2024, Ogtay Isgandarli reçoit un appel WhatsApp alarmant de son frère, Vidadi, qui vient d’être victime d’une attaque brutale à son domicile à Mulhouse. Des individus masqués l’ont agressé, lui infligeant 16 coups de couteau.
« Mon frère Vidadi leur a proposé de prendre son argent, mais ils n’étaient pas là pour ça, ils étaient venus pour le tuer », témoigne Ogtay. Deux jours plus tard, Vidadi, ancien procureur en Azerbaïdjan et opposant acharné au régime, meurt de ses blessures. Ce dernier avait quitté son pays en 2016 avant d’obtenir le statut de réfugié politique en France en 2018.

Des menaces persistantes
Peu après l’assassinat de Vidadi, son ami Elshad Mammedov, blogueur réfugié en Suisse, reçoit un message de menace terrifiant. « On a tué ton ami Vidadi, on va te tuer. On connaît ton adresse à Bâle, on te suit », lui est-il écrit, le menaçant de violence extrême.

Une menace sous-estimée
Avant cette tragédie, le journaliste Ganimat Zahid avait alerté les autorités sur une liste de cibles potentielles, incluant son propre nom et celui de Vidadi. Malheureusement, malgré l’alerte transmise à la police par l’organisation Reporters sans frontières, l’assassinat a eu lieu, soulevant des questions sur l’évaluation des menaces.
Alice Pontallier, journaliste ayant enquêté sur le sujet, note que les services de renseignement français n’étaient pas préparés à une telle agressivité de Bakou, contrairement à ce qui était attendu de la Russie.

Des attaques physiques récurrentes
Les attaques contre des opposants azerbaïdjanais en France ne sont pas nouvelles. Mahammad Mirzali, un autre dissident, a survécu à plusieurs tentatives d’assassinat. En juin 2022, deux individus armés de couteaux ont été interpellés alors qu’ils se dirigeaient vers lui, révélant des menaces sérieuses contre sa vie.
Des commanditaires difficiles à cerner
Les enquêtes ont montré que les attaques sont orchestrées par des tueurs à gage ayant des liens avec des groupes criminels d’origine caucasienne. Parmi les personnes renvoyées devant la justice française, des membres des Vory v Zakone, un groupe criminel connu, ont été identifiés, révélant l’ampleur de l’implication criminelle dans ces affaires.
Un espion présumé et des implications politiques
Rovshan Aliyev, un homme se présentant comme un ancien espion de Bakou, a demandé la protection en France, affirmant avoir été impliqué dans des opérations pour éliminer des opposants. Cependant, son statut d’immigration reste incertain, la France lui ayant refusé l’asile politique.

Un avenir incertain
La situation des opposants azerbaïdjanais en France soulève des inquiétudes croissantes quant à leur sécurité face à une menace persistante provenant de leur pays d’origine. L’inaction des autorités face aux alertes répétées a été particulièrement déconcertante, laissant ces dissidents dans un état de vulnérabilité face à des menaces létales.