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Mercosur : déploiement de motions de censure à l’Assemblée française

par Lea
France

Les députés examinent ce mercredi deux motions de censure déposées par la France insoumise et le Rassemblement national, visant l’accord de libre‑échange avec le Mercosur que l’Union européenne est sur le point de signer. Ces textes interviennent au lendemain de nouvelles annonces du Premier ministre destinées à apaiser la colère du secteur agricole.

La probabilité d’adoption des motions est faible, les partis traditionnels s’en tenant à leur position d’opposition. Le PS et LR ne souhaitent pas s’associer à ces initiatives.

Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a écarté dimanche l’idée d’un vote en faveur du texte, jugeant absurde une censure du gouvernement alors que le président Macron s’oppose au traité. Un responsable LR a ajouté que les agriculteurs veulent surtout sécuriser le budget.

Pour sa part, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a réaffirmé mardi devant les grilles de l’Assemblée l’urgence pour le monde agricole d’obtenir un budget et a averti que l’adoption d’une motion de censure ne ferait que retarder les aides.

Il a également réclamé une nouvelle loi d’urgence pour l’agriculture. Dans l’après‑midi, Sébastien Lecornu a annoncé qu’en mars serait présentée une loi d’urgence agricole autour de plusieurs priorités: eau, prédation et moyens de production, et un moratoire sur la gestion de l’eau.

Après une longue nuit devant l’Assemblée, les tracteurs de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs ont commencé à se retirer, ce mercredi au lever du jour, après avoir obtenu des engagements sur la trésorerie. Une délégation a été reçue vers minuit par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.

L’exécutif avait pris une position de refus vendredi vis‑à‑vis de la signature de l’accord, position qui s’est révélée minoritaire en Europe.

Pour LFI, le président a laissé ouverte la porte à une capitulation face à la Commission européenne en recherchant des contreparties. Le RN affirme que l’exécutif aurait dû user de tous les moyens de négociation pour bloquer un accord jugé défavorable.

Le groupe GDR a annoncé mardi qu’il voterait la motion de LFI, estimant que la position du président n’a pas toujours été claire. Les écologistes, qui dénoncent un refus de façade et proposent de saisir la Cour de justice de l’Union européenne pour contester l’application provisoire du traité, devraient en faire de même.

Dans ce contexte, l’examen des motions de censure s’inscrit dans des tensions entre le gouvernement, les agriculteurs et les institutions européennes, alors que les enjeux financiers et structurels de l’agriculture française restent au cœur des débats.

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