La misophonie est une aversion intense pour certains bruits, qui peut déclencher chez des personnes concernées des réactions émotionnelles fortes comme irritation, panique ou fuite. Décrite dans plusieurs articles de santé, elle se distingue d’une simple gêne auditive et fait l’objet d’études sur ses mécanismes et ses prises en charge. Cet article présente les éléments clés qui émergent sur ce trouble et les options proposées par les professionnels.

À propos de la misophonie : définition et causes
Le mot misophonie vient du grec misos (haine) et phônè (son). Il désigne une aversion intense pour certains bruits. Contrairement à une simple gêne auditive, la misophonie provoque une réaction émotionnelle disproportionnée et souvent incontrôlable chez les personnes concernées : irritation, panique, voire envie de fuir.
Les sons les plus souvent cités par les personnes misophoniques sont les bruits corporels tels que la mastication, le reniflement, la déglutition ou la respiration. D’autres bruits répétitifs d’objets—clics de stylo, tapotements, frottements—peuvent aussi être déclencheurs.
Sur le plan cérébral, les neurosciences montrent une hyperactivité du cortex insulaire antérieur chez les personnes concernées, une zone impliquée dans la gestion des émotions et de l’attention. Cette réactivité entraîne un stress intense, comparable à une alarme qui se déclenche sans raison apparente.
Les causes exactes ne sont pas encore totalement élucidées. Les chercheurs évoquent plusieurs pistes, parmi lesquelles une prédisposition génétique – car des cas familiaux ont été rapportés –, une différence de traitement sensoriel du son dans le cerveau ou encore un apprentissage émotionnel lorsque certains bruits ont été associés à des situations désagréables dans le passé.
Reconnaître, diagnostiquer et traiter
La misophonie peut être confondue avec d’autres troubles auditifs, notamment l’hyperacousie, où les sons semblent anormalement forts, ou la phonophobie, qui est une peur des sons. Si la reconnaissance médicale est limitée, il existe des outils pour poser le diagnostic, dont une échelle d’évaluation appelée Amsterdam Misophonia Scale.
Une fois le diagnostic posé, les traitements visent à modifier les schémas de pensée et les réactions face aux sons déclencheurs. Les thérapies cognitives et comportementales (TCC), associées à des techniques de relaxation, d’hypnose ou de pleine conscience, donnent des résultats lorsque l’approche est adaptée à chacun.
Si vous vous sentez concerné, votre médecin peut vous orienter vers un ORL, un psychologue ou un psychiatre ayant une expérience des troubles auditifs et sensoriels. L’AFREPA (Association Francophone des Équipes Pluridisciplinaires en Acouphénologie) peut aussi aider à mettre en place une prise en charge adaptée.
Source : Fondation pour l’Audition – Current Biology