Plusieurs tracteurs qui avaient occupé l’enceinte devant l’Assemblée nationale ont quitté Paris avant l’aube ce mercredi. D’autres formes de mobilisation se poursuivaient sur le territoire, notamment en Haute-Garonne, où des actions se multipliaient autour des inquiétudes économiques et des mesures agricoles.
À Toulouse, une dizaine de tracteurs ont installé un barrage filtrant près de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Le président de la Chambre d’agriculture du Gers a été placé en garde à vue à Toulouse dans le cadre d’une enquête pour entrave à la circulation et organisation d’une manifestation interdite, selon le procureur. Auparavant, une quinzaine d’engins étaient entrés dans la ville, malgré une interdiction de manifester; cinq personnes ont été interpellées.
Un autre groupe a bloqué l’autoroute A64 près de Toulouse en déversant des pneus et de la paille, provoquant l’interruption de la circulation sur cet axe très emprunté. Mardi, le barrage sur l’A64, en place depuis un mois, a pris fin sous la pression des forces de l’ordre, et la sortie 38 a été rouverte en fin de matinée.
Un convoi d’une vingtaine de tracteurs maintient un barrage filtrant sur l’A50, dans le Var, perturbant le trafic entre Bandol et Saint-Cyr. Plusieurs kilomètres d’embouteillages se sont formés et la fin de la manifestation pouvait intervenir en début d’après-midi.
À Saint-Pierre-des-Corps, en Indre-et-Loire, des militants de la Coordination rurale bloquent un dépôt pétrolier et empêchent les camions-citernes d’entrer, selon les informations données par Ici.
À Vatry, dans la Marne, un autre dépôt est bloqué par les mêmes organisations, les camions ne pouvant pas rentrer.
Dans le Finistère, une quatre voies est inaccessible: les agriculteurs ont quitté un rond-point, et l’accès routier entre Quimper et Quimperlé demeure bloqué.
Sur le plan politique, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé de nouvelles mesures en faveur des agriculteurs et a évoqué un cap clair sur la politique de l’eau à fixer d’ici le salon de l’Agriculture du 21 février au 1er mars.
Il a demandé, avant la présentation du projet de loi, un moratoire sur toutes les décisions relatives à cette question et la suspension des textes fixant les volumes d’eau prélevables jusqu’à septembre.
Le chef du gouvernement a également évoqué des réunions sur les possibilités de dérogation à la directive nitrates et un paquet de 300 millions d’euros mis en place, avec des mesures prévues dans le budget et d’autres à venir ces dernières semaines pour répondre à la crise agricole.
Les annonces de mardi ont repris les demandes de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, et des professionnels restent mobilisés ce mercredi.