Table of Contents
Une attaque a été menée dans la nuit de mercredi à jeudi contre l’aéroport international de Niamey, au Niger. La junte au pouvoir a accusé la France et d’autres pays d’avoir facilité l’intervention en mobilisant des mercenaires sur le terrain. Le chef de la junte a salué le soutien militaire de la Russie et a désigné plusieurs dirigeants étrangers comme sponsors des assaillants. Le bilan officiel fait état de quatre militaires blessés et de vingt assaillants tués, dont un Français, ainsi que de l’arrestation de plusieurs suspects.
Contexte et sites opérationnels
L’aéroport est situé à environ dix kilomètres de la résidence présidentielle et abrite des infrastructures stratégiques, notamment une base de l’armée de l’air, une base de drones et le quartier général de la Force unifiée du Niger, du Burkina Faso et du Mali, créée pour lutter contre les groupes djihadistes.
Par ailleurs, une cargaison d’uranium est entreposée sur le site en vue d’un export et se retrouve au cœur d’un différend avec Orano, qui affirme avoir été exproprié par l’État nigérien.
Bilan et sécurité autour de l’aéroport
Des détonations ont été entendues peu après minuit par de nombreux habitants du quartier de l’aéroport, et le calme est revenu environ une heure plus tard.
Le périmètre autour du site a été renforcé par un important dispositif de sécurité et l’accès à une base militaire a été contrôlé par les autorités.
Des mercenaires télécommandés
Dans un communiqué, le ministre nigérien de la Défense a indiqué qu’un groupe de mercenaires télécommandés a attaqué la base aérienne 101 de Niamey pendant environ trente minutes, avant une riposte aéroterrestre.
Quatre militaires ont été blessés et du matériel a été endommagé, dont un stock de munitions qui a pris feu. Lors de leur fuite, les assaillants ont tiré sur trois aéronefs civils, dont deux appartenant à la compagnie Air Côte d’Ivoire.
La compagnie aérienne Air Côte d’Ivoire avait indiqué plus tôt dans la journée qu’un de ses avions avait été touché sur le tarmac.
Selon le ministre, la riposte aéroterrestre a permis la neutralisation d’environ 20 mercenaires et l’arrestation d’environ 11 autres, la plupart grièvement blessés, et la récupération d’importants matériels de guerre.
Un Français parmi les assaillants ?
La télévision publique a montré la visite du chef de la junte sur la base militaire et des corps présentés comme étant ceux des assaillants tués, avec l’affirmation qu’un Français figure parmi eux.
Des images satellites consultées par l’AFP montraient des zones partiellement brûlées près de la piste de l’aéroport.
Selon un groupe de journalistes ouest-africains spécialisés dans l’actualité sécuritaire, près de 300 militaires italiens sont basés à Niamey; le ministre italien de la Défense a assuré suivre la situation.
Pistes et enjeux
Plusieurs observateurs estiment qu’il s’agit d’une attaque djihadiste, le Niger étant confronté à des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique dans le Sahel, opérant dans l’ouest et le sud-est.
Cependant, jeudi soir, aucune revendication n’avait été publiée. Les analystes soulignent que les groupes renforcent leur présence autour de Niamey et que la menace reste élevée.
Concernant l’uranium, Orano a promis de poursuivre ses actions juridiques contre l’État nigérien et contre quiconque chercherait à s’emparer du stock d’au moins 1 000 tonnes.