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Nouvelles règles de conduite : médicaments et sécurité routière

par Sara
France

À Rome, le 2 décembre, quatre sociétés scientifiques ont attiré l’attention sur les récentes modifications à l’article 187 du nouveau Code de la route, approuvées par le Sénat le 20 novembre. Elles proposent leur expertise technique et scientifique pour définir des normes équilibrées qui protègent à la fois la sécurité routière et les droits des patients. Ces sociétés comprennent la Société italienne d’anesthésie, d’analgésie, de réanimation et de thérapie intensive (Siaarti), l’Association italienne pour l’étude de la douleur (Aisd), la Société italienne des pathologies liées à la dépendance (Sipad) et la Société italienne de médecine générale et des soins primaires (Simg).

Modifications de l’article 187

Les nouvelles dispositions de l’article 187 régulent la conduite sous l’effet de substances psychotropes, incluant des médicaments opioïdes et des benzodiazépines prescrits régulièrement. Elena Bignami, présidente de Siaarti, souligne que ces modifications pourraient avoir des conséquences discriminatoires pour les patients souffrant de douleurs chroniques qui suivent des traitements prescrits. Il est crucial de distinguer l’utilisation thérapeutique contrôlée de l’utilisation illicite de substances psychotropes.

Environ 400 000 patients en Italie suivent des traitements chroniques avec des opioïdes, tandis que 2,5 millions les utilisent pour des périodes limitées sous stricte surveillance médicale. L’inclusion de ces médicaments parmi les substances psychotropes sanctionnables pourrait restreindre le droit à la mobilité de ceux qui respectent leurs prescriptions.

Risques pour les patients

Ces inquiétudes sont confirmées par Claudio Leonardi, président de Sipad, qui affirme que les nouvelles normes pourraient pousser les patients à interrompre leurs traitements par crainte de conséquences juridiques. Cela pourrait entraîner une aggravation de leur état de santé et un risque accru de conduire sous l’effet de douleurs aiguës, qui peuvent être plus perturbantes que l’effet psychotrope des opioïdes prescrits pour soulager la douleur chronique.

Silvia Natoli, responsable de l’aire culturelle de Siaarti Médecine de la douleur et soins palliatifs, insiste sur la nécessité d’établir des critères qui ne pénalisent pas ceux qui suivent des traitements prescrits de manière contrôlée.

Évidence scientifique et recommandations

Luca Miceli, membre de Siaarti, souligne que les patients en traitement chronique avec des opioïdes à dose stable et bien surveillée présentent des altérations psychophysiques comparables à celles induites par d’autres catégories de médicaments non incluses dans la réglementation, comme certains médicaments pour la douleur neuropathique. La littérature scientifique démontre que lorsque ces médicaments sont pris selon les prescriptions, ils ne compromettent pas nécessairement la capacité de conduite.

Antonino Giarratano, ancien président de Siaarti, mentionne la récente publication de lignes directrices sur le « Bon usage des médicaments opioïdes dans le traitement de la douleur chronique non cancéreuse chez l’adulte ». Ce document, issu d’une collaboration multidisciplinaire, est un outil essentiel pour assurer la sécurité des patients et promouvoir un usage responsable des médicaments opioïdes.

Collaboration avec les institutions

Siaarti, Aisd, Sipad et Simg offrent leur collaboration technique et scientifique aux institutions pour élaborer des règlements opérationnels et des normes secondaires qui, dans le respect de la loi, établissent les critères pour évaluer l’aptitude à conduire des patients sous traitement opioïde. L’objectif est d’assurer un équilibre entre la sécurité routière et le droit aux soins, inscrit dans la loi 38/2010.

Codice strada, società mediche offrono collaborazione su farmaci e guida sicura

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