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Nucléaire iranien : 30 jours décisifs pour un accord ou de nouvelles sanctions

by Sara
Iran, Union européenne, États-Unis, Russie, Chine

Les pays européens ont lancé un compte à rebours de 30 jours qui pourrait déboucher soit sur la relance des sanctions internationales contre l’Iran, soit sur la poursuite des négociations pour un nouvel accord. Cette échéance fait suite à l’activation possible du « mécanisme de déclenchement », prévu par la résolution 2231 du Conseil de sécurité.

Qu’est-ce que le mécanisme de déclenchement ?

Le « mécanisme de déclenchement » est une disposition de la résolution 2231 du Conseil de sécurité qui permet à l’une des parties de renvoyer un différend relatif au respect des engagements iraniens devant le Conseil. Selon le texte, une telle saisine déclenche une période de 30 jours durant laquelle le Conseil doit trouver une solution.

Si le Conseil ne parvient pas à un accord dans ce délai, les sanctions internationales levées auparavant peuvent être automatiquement rétablies.

Plus d’informations sur la nature de ce mécanisme sont disponibles sur la fiche détaillée du mécanisme de déclenchement.

  • Fiche : mécanisme de déclenchement (Al Jazeera)

Calendrier de 30 jours et enjeux diplomatiques

Selon le bureau d’Al Jazeera à Téhéran, la procédure engagée est un « parcours » long de 30 jours, et non une décision immédiate. Les trois pays européens — le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne — ont informé le Conseil de sécurité, qui dispose désormais de ce délai pour rechercher une solution diplomatique alternative.

Ce processus vise essentiellement à donner une dernière chance à la diplomatie pour prolonger ou rétablir l’accord nucléaire entre l’Iran et les puissances internationales.

  • Royaume-Uni
  • France
  • Allemagne
  • Conseil de sécurité (ONU)

Positions et pressions internationales

Au sein du Conseil de sécurité, la situation oppose deux approches contrastées. La Russie et la Chine font pression pour un prolongement de l’accord nucléaire de six mois afin de ménager une fenêtre de dialogue.

Un tel délai pourrait permettre à toutes les parties, y compris les États-Unis et l’Iran, de revenir sur des positions drastiques et de renouer des négociations plus sereines.

  • Russie
  • Chine
  • États-Unis

Stratégie européenne : « bâton et carotte »

Les correspondants d’Al Jazeera en Europe indiquent que l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont convenu d’une approche combinant pression et incitation. L’activation du mécanisme de déclenchement est perçue comme une carte forte à conserver en réserve.

Cette stratégie vise à accroître la marge de manœuvre sans exclure totalement la négociation, tout en préservant la possibilité d’imposer des sanctions ciblées sur les secteurs bancaire, énergétique et de la défense iraniens.

Cependant, les responsables européens reconnaissent le risque que l’emploi effectif de cette mesure éloigne l’Iran des négociations et compromette durablement les efforts diplomatiques.

Scénarios possibles et risques

Deux issues principales semblent se dégager :

  1. Une extension négociée de l’accord, offrant une période supplémentaire pour des pourparlers techniques et politiques.
  2. La réactivation automatique des sanctions au terme des 30 jours en l’absence d’un compromis, avec pour conséquence la rupture de toute référence multilatérale au dossier nucléaire iranien.

Le second scénario porterait le risque de ramener la gestion du dossier à une relation bilatérale entre Washington et Téhéran, au détriment d’un cadre international coordonné.

Contexte récent et points de friction

Les tensions entre l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et Téhéran compliquent la résolution de différends techniques essentiels. Les difficultés d’accès aux sites et les désaccords sur des matières sensibles rendent plus ardu tout compromis technique de dernière minute.

Plus tôt dans l’année, Européens et Américains avaient convenu d’une date butoir fin août pour déclencher le mécanisme si l’Iran ne respectait pas plusieurs exigences, notamment :

  • La reprise des négociations directes avec les États-Unis sur le programme nucléaire.
  • L’accès des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique aux sites nucléaires iraniens.
  • La clarification du statut de plus de 400 kilogrammes d’uranium enrichi à haut niveau.

AIEA et sources régionales signalent que ces sujets restent au cœur du désaccord.

Menaces et antécédents

Téhéran a déjà menacé de se retirer du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) si les sanctions internationales étaient rétablies, une décision qui poserait de graves questions sur l’avenir du contrôle international de son programme.

Des actes récents et des déclarations officielles alimentent les inquiétudes : les tensions militaires et des annonces politiques passées montrent l’ampleur du défi pour toute solution durable.

  • TNP
  • Déclarations passées (exemple : Donald Trump)
  • Contexte du programme nucléaire iranien

Ce qui reste à suivre

La session du Conseil de sécurité prévue dans les prochains jours sera scrutée comme un moment décisif par la communauté internationale. L’issue de la période de 30 jours déterminera si la diplomatie conserve une dernière marge de manœuvre ou si les mécanismes multilatéraux se trouvent effectivement interrompus.

Pour les observateurs, les prochains développements dans ce dossier influenceront la trajectoire des relations entre l’Iran et les grandes puissances pour les années à venir.

Iran (profil et contexte)

source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/8/28/%d9%85%d8%b1%d8%a7%d8%b3%d9%84%d9%88-%d8%a7%d9%84%d8%ac%d8%b2%d9%8a%d8%b1%d8%a9-30-%d9%8a%d9%88%d9%85%d8%a7-%d8%ad%d8%a7%d8%b3%d9%85%d8%a9-%d8%aa%d9%81%d8%b5%d9%84-%d8%a8%d9%8a%d9%86

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