À Ajaccio, des obsèques se sont déroulées dans le calme en l’honneur d’Alain Orsoni, figure du nationalisme corse et ancien président de l’AC Ajaccio, assassiné lundi lors de l’enterrement de sa mère à Véro (Corse-du-Sud). La cérémonie a réuni plus de 200 personnes et a été marquée par des hommages et des projections d’images du militant dans l’espace funéraire. Son fils, Guy Orsoni, 41 ans et condamné à 13 ans de prison, n’était pas présent; les autorités invoquant des raisons de sécurité et l’avocat évoquant son placement à l’isolement pour sécurité. Contacté par l’AFP, Me Martin Reynaud, l’un des avocats de Guy Orsoni, n’a pas souhaité s’exprimer.

Obsèques d’Alain Orsoni à Ajaccio dans le calme
La cérémonie s’est déroulée au crématorium d’Ajaccio, dans une ambiance mesurée et recueillie. Plus de 200 personnes, dont de rares élus et deux représentants de la ligue des droits de l’homme, ont suivi le cortège et les proches ont assisté à un hommage rappelant son rôle dans le milieu corse et le monde du football local.
Des images du nationaliste ont été projetées et des chants polyphoniques ont accompagné le moment, selon les témoignages recueillis, et Jo Peraldi, ami et ancienne figure du FLNC, a pris la parole pour rappeler le lien qui les unit, notamment en évoquant leur amitié au fil des années et les difficultés traversées.
Alain Orsoni, 71 ans, avait été tué lundi au cimetière de Véro lors de l’enterrement de sa mère de 91 ans, selon les précisions du parquet; il avait fait des allers-retours entre la Corse et le Nicaragua et avait dirigé l’AC Ajaccio, avant de s’impliquer dans des affaires locales.
Le fils Guy Orsoni absent pour des raisons de sécurité et l’enquête Pnaco
Guy Orsoni, 41 ans, détenu et condamné à 13 ans de prison, n’a pas assisté aux obsèques. « Évidemment bouleversé par cet événement tragique et les circonstances au cours desquelles il s’est déroulé », a déclaré Camille Romani, l’un des avocats de Guy Orsoni, ajoutant que « les autorités compétentes lui ont fermement indiqué que cette mesure était impossible pour des raisons de sécurité ». Son transfert vers un autre établissement et le placement à l’isolement ont été évoqués par l’avocat.
La première enquête confiée au Pnaco depuis son entrée en fonction le 5 janvier est conduite par le parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) en coordination avec la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille et l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLO). Elle cible notamment un meurtre en bande organisée et une participation à une organisation criminelle.
Pour l’enquête, les autorités ont rappelé qu’Alain Orsoni était une figure du milieu corse et qu’il entretenait des liens professionnels et personnels avec le milieu du football en Corse. Le Pnaco, qui suit l’affaire, précise que les soupçons s’inscrivent dans le cadre d’une enquête établie sur la sécurité et les violences liées à de telles figures; les investigations se poursuivent pour établir les faits et les responsables.