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Oman met en garde: Washington piégée dans une guerre non voulue

Oman met en garde: Washington piégée dans une guerre non voulue

Par Sara 3 min de lecture 1 source Oman, États-Unis, Iran, Israël

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Le ministre omanais des Affaires étrangères, Sayyid Badr al‑Busaidi, met en garde que Washington risque d’être entraînée dans une « guerre non voulue » avec l’Iran et appelle à une réévaluation complète des intérêts américains dans la région. Dans un article d’opinion publié dans la presse internationale, il affirme que ni Téhéran ni les États‑Unis n’ont quoi que ce soit à gagner d’un conflit prolongé et plaide pour un retour rapide à la négociation.

Le basculement au milieu des négociations

Le ministre rappelle que l’escalade est survenue alors que des pourparlers sérieux sur le dossier nucléaire iranien avançaient, et que l’attaque américaine et israélienne du 28 février est tombée comme une surprise politique et diplomatique. Selon lui, cette décision a interrompu une fenêtre de paix qui paraissait réalisable, et il qualifie l’opération d’« illégale » et contraire à l’élan de désescalade qui s’était amorcé.

Une guerre sans vainqueur

Al‑Busaidi insiste sur une vérité difficile : il existe deux parties dans ce conflit qui n’en tireront pas profit. Il ajoute que cette réalité oblige à reconnaître jusqu’à quel point les États‑Unis ont perdu le contrôle de leur politique extérieure, sans que cela n’exonère les autres acteurs de leurs responsabilités.

Il distingue l’objectif affiché d’Israël — renverser le régime iranien sans souci de l’identité du successeur — de l’approche américaine, que l’Oman espère davantage rhétorique que doctrine militaire. Dans ce contexte, il considère que la riposte iranienne aux frappes a pu constituer « peut‑être le seul choix rationnel » pour la direction de Téhéran.

Risques d’une implication américaine accrue

Le chef de la diplomatie omanaise avertit que la poursuite de la campagne visant l’Iran pourrait obliger Washington à s’engager durablement, y compris sur le terrain, ouvrant ainsi une nouvelle phase dans les conflits régionaux. Cela, dit‑il, ne correspond ni aux intérêts évidents du peuple américain ni aux engagements déclarés de réduction des « guerres sans fin ».

Par ailleurs, il souligne que la conviction israélienne d’obtenir un effondrement rapide du régime iranien, facilitée selon lui par les sanctions et les attaques précédentes contre des installations nucléaires, repose sur des hypothèses optimistes qui ne se sont pas vérifiées.

Répercussions économiques et sécuritaires

Sur le plan régional, les effets se font déjà sentir : la navigation dans le détroit d’Hormuz a été perturbée, provoquant une montée des prix de l’énergie et le risque d’un ralentissement économique mondial. Al‑Busaidi note que les pays arabes perçoivent désormais la coopération sécuritaire américaine comme une vulnérabilité potentielle plutôt qu’une garantie sûre.

Il avertit que de telles perturbations pourraient menacer la stabilité énergétique et les flux d’investissements, et que ces enjeux rendent d’autant plus urgente la recherche d’une sortie politique à la crise.

La proposition omanaise : retour au dialogue

Face à ce constat, Oman propose une feuille de route basée sur une diplomatie active : un traité régional de non‑agression, une transparence nucléaire régionale et la reprise des négociations politiques. Pour le ministre, seule une solution négociée peut garantir la sécurité des voies de navigation et l’approvisionnement énergétique.

Il conclut en se demandant si un accord régional pourrait offrir « une récompense suffisamment importante pour que tous les acteurs acceptent les sacrifices du dialogue ». Selon lui, Oman et ses voisins du Golfe sont en mesure de porter une telle initiative pour sortir la région de la « catastrophe » actuelle.

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