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Le Pakistan a mené des frappes aériennes en Afghanistan visant des camps et des repaires d’organisations armées, a annoncé Islamabad, après une série d’attaques récentes dont un attentat-suicide meurtrier contre une mosquée chiite à Islamabad. Selon le ministère afghan de la Défense, les raids ont touché une école religieuse et des habitations dans les provinces frontalières de Nangarhar et Paktika, faisant des dizaines de morts et de blessés, parmi lesquels des femmes et des enfants.
Les frappes et leurs cibles
Le ministère pakistanais de l’Information et de la Radiodiffusion a qualifié les opérations d' »intelligence-based, selective », affirmant avoir attaqué sept camps et repaires du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) et de ses affiliés. Il a aussi indiqué avoir visé une branche affiliée à l’État islamique dans la région frontalière.
Selon Islamabad, des preuves établiraient que les attaques perpétrées récemment sur le sol pakistanais ont été organisées par des combattants « sous la houlette » de responsables basés en Afghanistan. Le gouvernement pakistanais a de nouveau appelé Kabul à empêcher l’utilisation du territoire afghan comme plateforme d’attaques.
Bilan humain et réactions afghanes
Les autorités afghanes ont fermement condamné les frappes, les qualifiant de violation du droit international et des principes de bon voisinage. Elles ont déclaré qu’elles répondront « en temps voulu, de manière mesurée et appropriée ».
Des sources locales ont fait état d’au moins 17 morts dans la seule province de Nangarhar, tandis que le ministère afghan évoque des « douzaines » de victimes et de blessés, y compris des civils. Les informations sur le bilan restent partielles et contradictoires selon les zones touchées.
Une série d’attentats qui ont précipité la riposte
Les frappes pakistanaises interviennent dans un contexte d’escalade après plusieurs attaques meurtrières sur le sol pakistanais.
- Un attentat-suicide contre un convoi de sécurité dans le district de Bannu a tué deux soldats, dont un lieutenant-colonel.
- Un véhicule piégé a attaqué un poste de sécurité à Bajaur, causant la mort de 11 soldats et d’un enfant ; les autorités ont indiqué que l’assaillant était de nationalité afghane.
- Le 6 février, un attentat-suicide pendant la prière du vendredi à la mosquée Khadija Tul Kubra, dans la capitale, a fait au moins 31 morts et environ 170 blessés ; l’État islamique a revendiqué cet attentat.
Les forces pakistanaises affirment que la planification et la formation pour l’attaque de la mosquée ont eu lieu en Afghanistan.
Risque pour le fragile cessez-le-feu
Ces frappes menacent un cessez-le-feu fragile entre les deux voisins, négocié après des affrontements frontaliers meurtriers en octobre dernier. Un cessez-le-feu médié par le Qatar le 19 octobre avait en grande partie tenu, mais des discussions ultérieures à Istanbul n’ont pas abouti à un accord formel.
Le ministère pakistanais a appelé la communauté internationale à faire pression sur les autorités afghanes pour qu’elles respectent les engagements pris à Doha en 2020, estimant que cela est « vital pour la paix et la sécurité régionale et mondiale ».
Enjeux régionaux
Le Pakistan fait face à une montée de la violence ces dernières années, largement attribuée au TTP et à des groupes séparatistes baloutches. Islamabad accuse le TTP d’opérer depuis le territoire afghan, accusation que le mouvement réfute.
De son côté, le gouvernement taliban nie systématiquement abriter des groupes hostiles au Pakistan. Les tensions restent vives le long de la frontière, et toute nouvelle opération risque d’envenimer une situation déjà instable.