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Pakistan refuse le dialogue après des attaques transfrontalières

par Sara
Pakistan, Afghanistan

Les combats transfrontaliers entre le Pakistan et l’Afghanistan se poursuivent pour le troisième jour consécutif, tandis qu’Islamabad rejette toute perspective de dialogue malgré les appels croissants à la médiation. Cette nouvelle escalade marque une des plus sérieuses flambées de violence entre les deux voisins depuis plusieurs mois, et ravive les inquiétudes autour du conflit Pakistan Afghanistan.

Appels internationaux à la désescalade

Plusieurs acteurs internationaux ont demandé une baisse des tensions et proposé leur concours pour faciliter des pourparlers. La responsable de la politique étrangère de l’Union européenne a exhorté samedi les deux parties à réduire la température et à s’engager dans un dialogue, avertissant que la violence pourrait déstabiliser la région.

Par ailleurs, l’ONU, ainsi que des pays tels que l’Iran, la Jordanie, les Émirats arabes unis et la Russie ont appelé à la retenue et à la médiation afin d’éviter une propagation du conflit.

Islamabad refuse toute négociation

Les autorités talibanes à Kaboul ont dit être prêtes à discuter pour mettre fin aux hostilités. Cependant, le Pakistan a fermement réaffirmé son refus de toute négociation. Le porte-parole du Premier ministre pour les médias étrangers a déclaré qu’« il n’y aura pas de discussions, pas de dialogue, pas de négociation » et que l’essentiel était de mettre fin au « terrorisme » provenant du sol afghan.

Selon Islamabad, la protection des citoyens et du territoire prime, et l’État considère que la pression militaire reste une réponse nécessaire face aux menaces évoquées.

Escalade militaire et attaques de part et d’autre

Sur le terrain, les échanges de tirs et les attaques arment une réaction en chaîne. Des médias afghans ont rapporté des frappes de drones visant des camps militaires pakistanais près de Miranshah et Spinwam, tandis que des incidents ont également été signalés plus au sud.

Des sources locales ont indiqué qu’une attaque par drone avait touché une mosquée à Bannu, faisant au moins cinq blessés. De leur côté, les forces pakistanaises ont annoncé des actions visant plusieurs positions talibanes.

La dernière flambée a débuté après des raids aériens pakistanais sur le territoire afghan le week-end précédent, qui ont provoqué des ripostes s’étendant à six districts pakistanais. En réponse, Islamabad a mené de larges frappes aériennes dans les premières heures du vendredi sur la capitale afghane ainsi que sur Kandahar et Paktia, marquant la première attaque aérienne pakistanaise contre le bastion du sud contrôlé par les talibans depuis leur retour au pouvoir en 2021.

Bilan humain et imprécisions

Les deux camps communiquent des bilans très divergents. Le Pakistan a affirmé que 12 de ses soldats et 274 combattants talibans avaient été tués, tandis que les autorités talibanes ont fait état de la mort de 13 de leurs combattants et de 55 soldats pakistanais.

Ces chiffres contrastés n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante, rendant difficile un décompte fiable des pertes humaines et matérielles.

Risque d’extension et enjeux géopolitiques

Les États-Unis ont exprimé leur soutien au droit du Pakistan à se défendre contre des attaques, soulignant la complexité des enjeux. Islamabad accuse depuis longtemps Kaboul d’abriter des groupes responsables d’attentats à l’intérieur du Pakistan, accusation que les autorités afghanes démentent en assurant ne tolérer aucune utilisation du territoire afghan pour attaquer un pays voisin.

Sur le plan militaire, le Pakistan dispose d’une supériorité significative, y compris sur le plan nucléaire, tandis que les talibans restent aguerris à la guerre après des décennies de combats. En outre, des images et des messages diffusés sur les réseaux sociaux témoignent de la panique parmi les civils vivant le long de la frontière.

Dans ce contexte, les appels à une médiation internationale se multiplient afin d’éviter une nouvelle déstabilisation régionale, mais pour l’instant Islamabad maintient sa ligne dure, complexifiant toute sortie de crise.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/2/28/pakistan-says-no-dialogue-with-afghanistan-as-attacks-persist

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