Les PFAS, ces substances chimiques persistantes utilisées dans de nombreux produits du quotidien, pourraient coûter à l’Union européenne jusqu’à 1700 milliards d’euros d’ici 2050 selon un rapport commandé par la Commission européenne. L’étude évalue les coûts liés à la dépollution des sols et de l’eau ainsi que les impacts sur la santé humaine, avec quatre scénarios différents selon l’intensité des mesures prises. Le chiffre le plus élevé illustre l’enjeu majeur pour les finances publiques et pour la protection sanitaire des Européens. Les résultats amènent aussi des questions sur les politiques à adopter et sur les possibilités d’action au niveau européen.
Ce dossier examine l’ampleur économique et sanitaire du phénomène et les marges de manœuvre pour une action européenne.
Coût potentiel des PFAS à l’UE d’ici 2050: entre 330 et 1 700 milliards d’euros
L’étude n’examine que les quatre PFAS les plus répandus (PFOA, PFOS, PFHxS et PFNA) mais rappelle qu’il en existe environ 12 000 autres, ce qui suggère l’ampleur réelle du problème. Selon les scénarios, le coût total varie de 330 à 1 700 milliards d’euros en fonction des efforts de dépollution des eaux et des sols.
Sur le terrain, le nombre de sites industriels contaminés passerait de 11 500 à 14 200, et 76,5 millions d’Européens pourraient subir une exposition significative, selon les estimations du même travail. Les risques sanitaires évoqués incluent des cancers, des problèmes de cholestérol ou des dérèglements hormonaux.

Avec ces chiffres, l’étude rappelle aussi que les coûts dépendent fortement des mesures de dépollution et des choix politiques qui seront faits au niveau européen. Le manque de données sur l’ensemble des PFAS existants rappelle l’urgence de mieux cerner l’ampleur du problème et les risques sanitaires qui en découlent.
Contexte politique et mesures envisageables
Des pays européens envisagent une interdiction universelle des PFAS au sein de l’UE, mais le projet est freiné par des lobbies industriels. Le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède y travaillent depuis 2023 et cherchent à imposer des restrictions plus larges, au‑delà des mesures ciblées actuellement en place. L’enjeu n’est pas uniquement sanitaire: il concerne aussi l’impact économique et industriel, les coûts de dépollution et les choix technologiques qui accompagneraient une transition.

Les responsables européens continuent d’évaluer les options et les cadres réglementaires pour limiter l’impact des PFAS, tout en surveillant les implications économiques et sanitaires pour l’Union. Les résultats soulignent l’importance d’un dialogue éclairé entre protection de la santé publique et soutenabilité industrielle, sans conclure à une solution unique.