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Politico : la Maison-Blanche craint l’impact de sa dureté migratoire

par Sara
États-Unis

La Maison-Blanche est en train de mesurer l’ampleur du retentissement politique de sa ligne dure en matière d’immigration après la mort d’un deuxième homme abattu par un agent fédéral de l’immigration à Minneapolis. L’affaire intervient alors que les images et témoignages se multiplient, alimentant l’indignation et ravivant le débat sur la politique migratoire américaine.

Réactions politiques et sondages

Les réactions ont été vives des deux côtés de l’échiquier politique. Des républicains au Congrès demandent des enquêtes tandis que des élus démocrates menacent de s’opposer au financement du département de la Sécurité intérieure, évoquant même la possibilité d’un blocage partiel du gouvernement pour protester contre certaines tactiques utilisées par les agents.

Parallèlement, les sondages traduisent une perte de soutien pour la stratégie présidentielle sur l’immigration, y compris chez des électeurs qui l’ont soutenu en 2024. Selon un récent sondage cité par la presse, 51 % des Américains estiment qu’il n’est pas justifié de mettre en danger la vie de manifestants anti-immigration pour appliquer la loi, contre 34 % qui jugent que le risque pour les agents en vaut la peine. Parmi les partisans de l’actuel président, 31 % partagent le premier avis.

Un changement de ton et des gestes concrets

Après des déclarations initiales très fermes, l’exécutif a montré des signes de recul. Le gouvernement a dépêché Tom Homan, responsable des questions frontalières, à Minneapolis, et le commandant local des gardes-frontières, Gregory Bovino, doit quitter la ville pour permettre une désescalade.

Le président a également appelé le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, dans un échange décrit comme « constructif ». Selon la Maison-Blanche, la conversation a ouvert la voie à un geste politique : la possibilité d’un retrait ou d’une réduction de la présence fédérale dans l’État, proposition présentée comme une mesure destinée à apaiser les tensions locales.

Discours public et polémiques

La tonalité présidentielle a changé nettement par rapport aux propos prononcés la veille, lorsque l’exécutif avait exhorté les autorités locales à coopérer « pour appliquer les lois de notre nation » et accusé certaines réactions d’attiser les divisions. Ce revirement intervient alors que des images montrant l’homme mort intervenant auprès d’une femme poussée au sol par des agents ont alimenté l’émotion publique.

Dans le même temps, des personnalités proches de l’administration ont tenu des propos très durs à l’encontre du défunt. Kristi Noem, figure républicaine influente, a affirmé, sans présenter de preuves publiques, que la victime aurait été armée. De son côté, Stephen Miller, ancien conseiller, a qualifié l’homme de « potentiel tueur ». Ces accusations ont suscité de nouvelles critiques et accentué la controverse.

Inquiétudes au sein du parti républicain

Le cas a aussi provoqué des remous chez les républicains. Certains responsables du parti exhortent l’administration à modérer ses méthodes, craignant que l’accentuation de la sévérité n’éloigne l’électorat et n’entraîne des arrestations ou détentions de citoyens américains au lieu de se concentrer sur l’expulsion des immigrés en situation irrégulière.

Un haut collaborateur républicain, souhaitant rester anonyme, a résumé la préoccupation : la victoire électorale a reposé en partie sur la promesse de sécuriser les frontières et de réduire la violence liée à l’immigration irrégulière. Or, a-t-il ajouté, la perception publique a changé au point que certains Américains se sentent désormais menacés par ceux censés les protéger.

Perspectives

Entre pressions parlementaires, images médiatiques et inquiétudes internes au camp républicain, l’administration tente de contenir les retombées et d’ajuster sa stratégie. Alors que le débat sur la politique migratoire américaine reste au cœur des préoccupations nationales, les prochains jours pourraient être décisifs quant à l’orientation des actions fédérales sur le terrain.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/27/%d8%a8%d9%88%d9%84%d9%8a%d8%aa%d9%8a%d9%83%d9%88-%d8%a7%d9%84%d8%a8%d9%8a%d8%aa-%d8%a7%d9%84%d8%a3%d8%a8%d9%8a%d8%b6-%d9%8a%d8%ae%d8%b4%d9%89-%d8%aa%d8%af%d8%a7%d8%b9%d9%8a%d8%a7%d8%aa

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