Le premier tour de l’élection présidentielle portugaise s’est tenu ce dimanche dans un contexte marqué par la montée de l’extrême droite. André Ventura et son parti Chega («Assez») occupent une place centrale dans les sondages et les analystes évoquent la possibilité d’un second tour le 8 février. Onze candidats étaient en lice, un record depuis le retour à la démocratie, et le vainqueur succédera à Marcelo Rebelo de Sousa, dont le rôle reste essentiellement symbolique. Le pays se prépare à un scrutin où les enjeux démocratiques et l’équilibre des pouvoirs sont scrutés avec attention par les partis et les électeurs.
Ventura en tête et contexte du premier tour
Selon les sondages et les premiers comptes rendus, André Ventura pourrait arriver en tête du scrutin, mais ses chances de l’emporter au second tour sont jugées limitées par les analystes. Le député de 43 ans et fondateur de Chega («Assez») a vu sa progression se prolonger depuis l’élection présidentielle de 2021, où il avait obtenu 11,9% des suffrages. Sur onze candidats, deux autres postulants restent dans la course pour la qualification: Luis Marques Mendes, proche du gouvernement de droite, et Henrique Gouveia e Melo, amiral à la retraite se posant comme indépendant.

Le président portugais, élu au suffrage universel, n’a pas de pouvoirs exécutifs forts mais peut intervenir comme arbitre et disposer du droit de dissoudre le Parlement pour convoquer de nouvelles élections, une fonction largement symbolique mais cruciale en période de crise. Cette configuration explique pourquoi le candidat ou le parti obtenant le soutien des électeurs peut influencer l’équilibre politique sans former un exécutif direct.
À l’appui du décompte, les bureaux de vote ouvraient à 08h et les projections de résultats des urnes devaient arriver en fin de journée, avec des projections potentielles à 20h. Le cadre électoral portugais et le basculement potentiel vers un second tour ajoutent une dimension nouvelle à la campagne et au paysage politique, où l’extrême droite est déjà la première force d’opposition au gouvernement de droite.

Répercussions et perspectives du second tour
Les projections après le premier tour, relayées par RTP et les chaînes publiques, placent Antonio José Seguro en tête ou en deuxième position selon les scénarios; Ventura est l’un des principaux prétendants de ce second tour potentiel et la comparaison des résultats avec les scrutins antérieurs montre une progression marquée de Chega. Selon RTP et d’autres chaînes, les projections indiquent des chiffres allant de 20 à 24% pour Ventura et de 30 à 35% pour Seguro, avec Cotrim Figueiredo autour de 17 à 21%.
La projection RTP évoque aussi Luís Marques Mendes à 8–11% et Henrique Gouveia e Melo à 11–14% pour une éventuelle qualification au second tour, ce qui souligne le clivage entre les forces au sein de la droite et l’impact de Chega sur le paysage politique. Dans une note publiée avant le vote, le cabinet d’analyses Teneo estimait qu’un « nouveau score solide pour l’extrême droite confirmerait sa domination sur le paysage politique » et marquerait un nouveau chapitre dans « la bataille en cours au sein de la droite, entre le centre droit traditionnel et l’extrême droite émergente ».
Auto-proclamé « candidat du peuple » qui promet de « mettre de l’ordre » au Portugal, Ventura a terminé sa campagne en demandant aux autres partis de droite de ne pas lui « faire obstacle » en cas d’éventuel second tour l’opposant au candidat socialiste. Le second tour est donc à l’horizon, et les électeurs devront juger si le paysage politique portugais, déjà marqué par la montée de Chega, se stabilisera ou s’il vivra une nouvelle phase de recomposition.