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Pourquoi Washington dit non à l’annexion de la Cisjordanie

par Sara
Israël, Palestine, États-Unis

Washington affirme s’opposer à une annexion officielle de la Cisjordanie, mais les mesures adoptées par le gouvernement israélien sur le terrain recomposent progressivement la réalité juridique et politique de la région. Cette divergence entre la rhétorique américaine et les actes israéliens pose un test inédit de l’influence de Washington sur Tel-Aviv et alimente les craintes d’une annexion de fait.

Des décisions qui changent la donne sur le terrain

Lors d’une séance récente, l’organe restreint chargé des affaires politiques et de sécurité en Israël a approuvé une série de mesures visant à étendre le contrôle israélien en Cisjordanie. Les décisions comprennent l’élargissement des pouvoirs d’inspection et d’application par les autorités israéliennes, y compris dans des zones jusqu’ici administrativement placées sous autorité palestinienne.

Concrètement, ces mesures permettent désormais des démolitions et des saisies de biens palestiniens dans des secteurs qui, selon les accords d’Oslo, relevaient de la responsabilité civile de l’Autorité palestinienne. Elles facilitent aussi l’accélération de projets d’implantation et réduisent le rôle palestinien dans la gestion des terres.

Une opposition américaine principalement verbale

Le président américain a déclaré dans une interview récente qu’il s’opposait à l’annexion de la Cisjordanie en affirmant que les États-Unis avaient « déjà suffisamment de dossiers » à gérer. Pour autant, cette opposition est restée essentiellement verbale, sans mesures coercitives tangibles pour stopper les initiatives israéliennes.

Des émissaires américains avaient auparavant demandé au Premier ministre israélien de calmer la situation en Cisjordanie. Parallèlement, des responsables de l’administration ont dit étudier les implications des décisions prises à Jérusalem, tandis qu’une visite officielle se profile, axée sur d’autres dossiers comme la question iranienne.

Affaiblissement des leviers de pression

Plusieurs observateurs estiment que Washington a diminué ses moyens de pression. En janvier 2025, l’administration américaine a annulé une mesure exécutive destinée à sanctionner des personnes et entités liées à la violence des colons en Cisjordanie, supprimant ainsi un outil de rétorsion.

De fait, la stratégie américaine semble privilégier la gestion des risques — prévenir l’effondrement économique et sécuritaire en Cisjordanie — plutôt que l’imposition d’un nouveau cadre politique. Cette approche évite un face‑à‑face direct avec le gouvernement israélien mais réduit la marge de manœuvre pour contrecarrer des actes perçus comme préparatoires à l’annexion.

Vers une annexion de fait

Alors même que Washington rejette officiellement l’annexion Cisjordanie, beaucoup d’analystes soulignent que la succession de décisions administratives et sécuritaires revient à imposer la souveraineté israélienne sans déclaration formelle. Ce processus de « démantèlement gradué » du statu quo passe par des actes concrets plutôt que par une loi unique proclamant l’annexion.

En outre, le Parlement israélien a récemment adopté des textes et des démarches favorables à l’extension de la souveraineté, ce qui accentue la pression diplomatique. Entre l’opposition déclarée de Washington et la progression des mesures sur le terrain, la situation évolue vers une recomposition durable du contrôle en Cisjordanie, posant de nouvelles questions pour la paix et la stabilité régionale.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/11/%d9%84%d9%85%d8%a7%d8%b0%d8%a7-%d8%aa%d8%b1%d9%81%d8%b6-%d9%88%d8%a7%d8%b4%d9%86%d8%b7%d9%86-%d8%b6%d9%85-%d8%a5%d8%b3%d8%b1%d8%a7%d8%a6%d9%8a%d9%84-%d9%84%d9%84%d8%b6%d9%81%d8%a9-%d9%88%d9%84%d8%a7

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