À l’aube de la présidentielle de 2027, l’année 2026 s’annonce comme une étape préélectorale déterminante, avec sans doute une primaire visant à désigner un candidat commun à la gauche hors La France insoumise (LFI). À droite, rien n’est encore tranché, mais face à la montée du Rassemblement national (RN), cette option pourrait également émerger.
Quinze mois avant le scrutin, les deux extrêmes de l’échiquier paraissent avoir une certitude: chacun aura un candidat. Jean-Luc Mélenchon prépare sa quatrième campagne et Jordan Bardella pourrait suppléer Marine Le Pen si la justice confirme son inéligibilité.
Pour les partis de centre et de gauche qui restent, l’incertitude demeure: pas de candidat naturel se dégage, mais les ambitions pour atteindre l’Élysée sont nombreuses. C’est pourquoi l’hypothèse d’une primaire gagne du terrain dans chaque camp.
À gauche, la perspective d’une primaire a été la première à être envisagée. Dès juillet, au moment où la gauche cherche à s’unir, le Parti socialiste, les Écologistes, François Ruffin (Debout !) et les anciens de La France insoumise (L’Après) et Génération.s s’étaient mis d’accord sur le principe d’une candidature commune hors LFI. Seul le Parti communiste restait hésitant.
Six mois plus loin, le calendrier montre des lenteurs. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, est désignée pour participer à la primaire, tout comme François Ruffin et Clémentine Autain (L’Après). Le PS souhaiterait une large union de la gauche hors LFI derrière son candidat, mais un député PS reconnaît qu’aucun champion de la gauche républicaine ne s’est encore imposé.
Raphaël Glucksmann refuse de s’y soumettre mais n’emporte pas l’adhésion générale à gauche; il n’incarne pas la gauche de rupture.
À droite, le même problème: pas de candidat naturel. Laurent Wauquiez, président des députés LR, longtemps opposé à l’idée d’une primaire, la défend désormais, entouré d’un éventail allant de Sarah Knafo (Reconquête !) à Gérald Darmanin (Renaissance). Il estime que la droite doit être unie pour peser face au RN.
Une ministre de Renaissance affirme que l’idée d’une primaire avance rapidement; Édouard Philippe (Horizons) ne veut pas pour l’instant s’y plier.
Le débat prend de l’ampleur cette année. La gauche prend de l’avance et ses modalités seront dévoilées rapidement. Pour la droite et le centre, l’idée qui semblait improbable pourrait s’imposer aussi dès les municipales de mars.