Accueil ActualitéProcès Mahdieh Esfandiari : l’Iran en toile de fond à Paris

Procès Mahdieh Esfandiari : l’Iran en toile de fond à Paris

par Lea
France

Au tribunal judiciaire de Paris, cinq personnes sont jugées depuis mardi pour des actes d’apologie d’un acte de terrorisme commis en ligne, de provocation directe à un acte de terrorisme et d’injure publique en raison de l’origine, de la nation, ou de la religion, ainsi que pour association de malfaiteurs. Mahdieh Esfandiari, une Iranienne âgée de 39 ans, figure parmi les prévenus et est suivie de près par le public et les médias. Le dossier porte sur des publications attribuées à Axe de la Résistance et visant à soutenir des attaques menées en Israël le 7 octobre 2023, selon les accusations qui pèsent sur elle et sur les autres suspects.

L'Iranienne Mahdieh Esfandiari lors de son arrivée au tribunal de Paris
Mahdieh Esfandiari lors de son arrivée au palais de justice de Paris, le 13 janvier 2026

Contexte et chefs d’accusation

Cette procédure se tient dans un contexte de protestations en Iran, réprimées par le pouvoir, et elle est suivie avec une attention particulière en raison des implications géopolitiques possibles. La justice rappelle que l’affaire est liée à des publications relayées par des comptes affiliés à Axe de la Résistance, et que le compte Telegram de cette organisation a été cité pour son rôle dans la diffusion d’un message pro-attaque et anti-juif, alimentant les soupçons d’incitation au terrorisme et d’injure publique.

Le parquet reproche à Esfandiari d’avoir nourri à partir de son compte et de comptes affiliés des publications destinées à soutenir des actes violents et à dénigrer des communautés entières. Le cadre légal retenu inclut l’apologie d’un acte de terrorisme et l’injure publique fondée sur l’origine ou la religion, renforçant l’ampleur des faits retenus contre elle.

Parcours des autres prévenus

À la barre, mais en dehors du box des accusés, figure Maurizio Busson, présenté comme le principal organisateur de l’Axe de la Résistance, âgé de 42 ans et pris comme témoin du fonctionnement du réseau. Alain Soral, essayiste d’extrême droite, est jugé avec eux mais était absent et visé par un mandat d’amener.

Busson a raconté son parcours, évoquant une jeunesse à Lyon, des études de langue et de littérature arabe, puis une conversion à l’islam vers ses 25 ans. Après des séjours en Syrie pour approfondir l’arabe entre 2009 et 2011, il se rend en Iran en 2013 pour y poursuivre son apprentissage du persan, notamment à l’Université al-Mustafa de Qom.

Le tribunal a souligné que l’université évoquée, créée lors de la révolution iranienne pour former des étrangers et diffuser le chiisme à l’international, aurait entretenu des liens avec le Corps des Gardiens de la Révolution. Le magistrat instructeur a également noté que plusieurs branches européennes de l’établissement avaient été soupçonnées d’aider les forces iraniennes à recruter des agents étrangers pour des activités de renseignement et d’espionnage.

Busson a reconnu que certaines informations sur la formation des étrangers étaient exactes et qu’il ignorait le lien direct avec les Gardiens, ajoutant qu’il ne serait resté qu’un an en Iran avant de revenir en France. À Paris, il a indiqué avoir lancé le projet Axe de la Résistance vers 2014, dans le contexte de la guerre en Syrie, afin de dénoncer le terrorisme « takfiri ».

Rencontres et révélations

C’est en 2020 que Busson affirme avoir rencontré Mahdieh Esfandiari, arrivée en France deux ans plus tôt. L’intéressée aurait déclaré son admiration pour les Gardiens de la Révolution, Ali Khamenei et le général Qassem Soleimani, tué en 2020. Elle aurait aussi raconté avoir traduit en français des ouvrages publiés par une maison d’édition rattachée au pouvoir iranien.

Esfandiari a reconnu avoir participé à Axe de la Résistance, tout en contestant être l’autrice des publications poursuivies. Un de ses pseudonymes était Sayna. Selon les échanges entre Sayna et Axe de la Résistance, les enquêteurs ont relevé des envois d’informations émanant de l’agence de presse iranienne, indiquent les débats à la barre.

Le procès doit se conclure vendredi, selon le déroulé prévu par le tribunal.

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