Accueil ActualitéProcès reporté dans le trafic d’oiseaux protégés à Cahors : nouvelle audience en vue

Procès reporté dans le trafic d’oiseaux protégés à Cahors : nouvelle audience en vue

par Lea
France

Le tribunal de Cahors a de nouveau reporté le procès fleuve lié à un vaste démantèlement du trafic d’oiseaux protégés remontant à 2015. Face à des prévenus vieillissants et à un dossier volumineux, l’audience est attendue sur deux jours en novembre.

Un nouveau renvoi intervient dans l’affaire du trafic présumé d’oiseaux rares et protégés. Ce jeudi 15 janvier, la tenue d’un procès pour une douzaine de prévenus, dont le parc animalier des Pyrénées, était initialement prévue. La présidente du tribunal a indiqué que, faute d’un auditoire suffisant et en raison de la longueur de l’audience, le dossier est renvoyé et une nouvelle échéance a été fixée au 18 juin 2026.

Un jugement sans doute étalé sur deux jours.

Néanmoins, les débats ne se tiendront pas nécessairement ce jour-là, puisqu’il s’agira d’une audience relais. L’objectif est de fixer une échéance entre magistrats, avocats, prévenus et parties civiles pour déterminer le jour du procès. La présidente du tribunal précise qu’elle s’interroge sur la perspective d’étaler le jugement sur deux jours. Le dossier est épais : une douzaine de prévenus, neuf parties civiles et autant d’avocats devront plaider chacun leur tour.

Le procureur s’est également montré favorable au renvoi de l’audience mais rappelle qu’il existe un risque d’aléa considérable, car beaucoup de personnes sont âgées dans ce dossier. Deux prévenus sont décédés depuis le début de l’enquête, en 2015. Lors de la première audience, le 19 juin 2025, l’avocat de l’un des prévenus avait demandé une expertise médicale pour son client de 92 ans, soulignant que ses capacités cognitives et mémorielles étaient lourdement obérées. Le tribunal espère désormais caler une date en novembre 2026, afin que toutes les parties soient présentes et en forme.

Cette affaire ne date pas d’hier et remonte à une enquête lancée sur un réseau organisé de trafic d’oiseaux sauvages protégés.

En avril 2015, les inspecteurs de l’environnement du service départemental de l’ONCFS du Lot (aujourd’hui l’OFB) ont lancé des investigations sur la détention illégale d’oiseaux sauvages protégés. Très vite, leurs travaux ont mis au jour l’existence d’un vaste réseau organisé de trafic international.

Pendant près de deux ans, une surveillance a porté sur le responsable d’une importante oisellerie belge, associé à un éleveur du Lot, qui organisaient la capture, le transport et la vente de milliers d’oiseaux sauvages prélevés dans la nature par des braconniers rémunérés, selon l’OFB. Cette organisation était particulièrement structurée : les oiseaux, issus de diverses régions et appartenant à des espèces souvent rares, étaient ‘blanchis’ au sein d’établissements officiels grâce à la production de faux documents. Une fois leur origine falsifiée, les animaux étaient revendus à une vaste clientèle composée de particuliers, de collectionneurs et de structures commerciales.

La diversité des espèces est impressionnante : rapaces (faucons, éperviers), passereaux (chardonnerets, rossignols, linottes), insectivores (huppes, guêpiers, loriots) et limicoles (pluviers, bécasseaux, gravelots).

Le démantèlement a lieu en février 2017 lors d’une vaste opération franco-belge. Une trentaine de perquisitions simultanées ont permis de saisir plus de 400 oiseaux vivants, 142 pièges interdits, cinq véhicules de transport, ainsi que d’importantes sommes en numéraire et 600 000 € d’avoirs criminels, ainsi que de nombreux certificats falsifiés. L’enquête a démontré que ce réseau opérait depuis plus de vingt ans.

Le tribunal souligne que le dossier demeure complexe et que ses implications internationales et juridiques justifient les renvois successifs.

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