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    Proximité résidentielle aux terrains de golf et risque de Parkinson

    Vivre à moins d’un mile (environ 1,6 km) d’un terrain de golf serait associé à une augmentation de 126 % du risque de développer la maladie de Parkinson (MP), selon une étude cas-témoins populationnelle. Cette corrélation pourrait s’expliquer par une exposition accrue aux pesticides utilisés sur ces infrastructures. Par ailleurs, la consommation d’eau potable provenant de nappes phréatiques desservant des zones avec un terrain de golf double presque ce risque.

    Dr. Brittany Krzyzanowski

    Une étude révélatrice sur l’exposition aux pesticides

    Brittany Krzyzanowski, PhD, professeure adjointe à l’Institut neurologique Barrow à Phoenix et principale investigatrice de l’étude, précise que les résultats indiquent que l’exposition à des polluants atmosphériques et à une eau potable vulnérable pourrait augmenter le risque de développer la MP à proximité des terrains de golf. Cependant, elle insiste sur le fait que cette étude, de nature observationnelle, ne permet pas d’établir un lien de causalité et qu’il est donc prématuré de recommander aux populations de déménager.

    Elle souligne néanmoins l’importance pour les habitants concernés d’être conscients de ce risque potentiel et de prendre des mesures pour limiter leur exposition.

    Une maladie multifactorielle influencée par l’environnement

    La maladie de Parkinson résulte probablement d’une interaction complexe entre prédispositions génétiques et facteurs environnementaux, notamment l’exposition aux pesticides. Des recherches antérieures ont montré que certains pesticides, comme le paraquat et la roténone, induisent une neurodégénérescence similaire à celle observée dans la MP, via le stress oxydatif, un dysfonctionnement mitochondrial et l’apoptose des neurones dopaminergiques.

    Les terrains de golf, pour maintenir l’esthétique de leurs greens, sont souvent traités avec des pesticides. Aux États-Unis, leur usage peut être jusqu’à 15 fois supérieur à celui observé dans certains pays européens.

    Peu d’études avaient jusqu’à présent exploré le lien entre l’exposition aux pesticides sur les terrains de golf et le risque de MP, malgré des observations anecdotiques suggérant une hausse du risque chez les riverains.

    Méthodologie et résultats clés

    Cette étude s’appuie sur les données du Rochester Epidemiology Project (REP) en Minnesota, couvrant la période 1991-2015. Les patients atteints de MP ont été identifiés et leur diagnostic confirmé par un spécialiste des troubles du mouvement, avec une estimation de la date d’apparition des symptômes.

    Les adresses des patients, remontant à 2 ou 3 ans avant le début des symptômes, ont été utilisées pour évaluer la proximité aux terrains de golf, assurant ainsi une meilleure précision de l’exposition.

    Au total, 419 personnes atteintes de MP (âge médian : 73 ans, 61 % d’hommes) ont été comparées à 5113 témoins appariés par âge et sexe. Les chercheurs ont analysé la présence de 139 terrains de golf dans la région étudiée et ont confirmé leur emplacement par imagerie satellite.

    Après ajustements pour des variables telles que l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le revenu et la zone urbaine ou rurale, les résultats montrent :

    • Une augmentation de 126 % du risque de MP pour les résidents à moins d’un mile (1,6 km) d’un terrain de golf (Odds Ratio ajusté [ORa] : 2,26 ; IC 95 % : 1,09-4,70 ; p=0,03) par rapport à ceux vivant à plus de 6 miles (9,7 km).
    • Une réponse dose-dépendante modérée avec un risque accru de 198 % à 1-2 miles, 121 % à 2-3 miles et 92 % à 3-6 miles, par rapport à plus de 6 miles.

    Une eau potable potentiellement contaminée

    Une analyse plus fine a révélé que l’association entre proximité des terrains de golf et MP était plus marquée en milieu urbain, suggérant que la densité urbaine accentuerait l’exposition aux polluants atmosphériques.

    Par ailleurs, les chercheurs ont étudié les sources d’eau potable des participants, distinguant les zones desservies par des nappes phréatiques associées ou non à des terrains de golf, ainsi que les puits privés. Près de 77,3 % des personnes étudiées utilisaient des systèmes d’eau alimentés par des nappes souterraines.

    Les pesticides peuvent infiltrer ces nappes et contaminer l’eau potable. Les résultats montrent :

    • Un risque presque doublé de MP chez les personnes consommant de l’eau provenant de nappes desservant un terrain de golf (ORa : 1,96 ; IC 95 % : 1,20-3,23) comparé à celles dans des zones sans golf.
    • Un risque accru de 49 % par rapport aux usagers de puits privés (ORa : 1,49 ; IC 95 % : 1,05-2,13).

    Les chercheurs admettent que la distribution de l’eau varie selon les villes, ce qui complique la précision des expositions individuelles.

    Rôle des zones de nappes vulnérables

    Les zones de nappes phréatiques dites vulnérables, caractérisées par des sols grossiers, un bedrock peu profond ou une géologie karstique, facilitent la pénétration rapide des pesticides dans les eaux souterraines.

    Brittany Krzyzanowski explique que le karst, une formation calcaire soluble, crée des cavités qui accélèrent le passage de l’eau de surface vers la nappe.

    Les analyses montrent que les personnes consommant de l’eau provenant de zones karstiques avec terrains de golf ont un risque augmenté de 82 % de développer la MP par rapport à celles dans des zones non vulnérables (ORa : 1,82 ; IC 95 % : 1,09-3,03).

    Limites de l’étude et avis d’experts

    L’étude présente certaines limites, notamment sa portée géographique limitée et une population majoritairement blanche. L’absence de données sur l’historique professionnel des participants peut entraîner des erreurs de classification d’exposition, certains ayant pu passer du temps loin de leur domicile.

    Par ailleurs, des facteurs de risque supplémentaires comme les traumatismes crâniens ou la génétique n’ont pas été pris en compte.

    David Dexter, PhD, directeur de la recherche chez Parkinson’s United Kingdom, souligne que les participants ne sont pas tous des résidents permanents, ce qui complique l’évaluation de l’exposition puisque la maladie débute souvent 10 à 15 ans avant le diagnostic.

    Il note également que 80 % des patients vivent en zones urbaines contre 30 % des témoins, laissant penser que la pollution automobile pourrait aussi jouer un rôle. De plus, l’eau potable n’a pas été analysée pour détecter la présence de pesticides.

    Michael S. Okun, MD, professeur de neurologie à l’Université de Floride, insiste sur l’urgence de reconsidérer l’usage des pesticides sur les terrains de golf. Selon lui, le lien entre la proximité des golfs et le risque accru de MP est « frappant » et met en lumière un danger méconnu qui pourrait affecter la santé neurologique.

    Il alerte sur le fait que les produits chimiques appliqués pour des raisons esthétiques pourraient avoir des conséquences silencieuses mais graves sur la santé publique.

    source:https://www.medscape.com/viewarticle/residential-proximity-golf-courses-linked-parkinsons-disease-2025a1000bau

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