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Trois dossiers pénaux récents dressent un panorama des peines en France : à Carcassonne, la cour a prononcé douze années de réclusion criminelle pour des faits de viol et d’agressions sexuelles sur sa fille, commis entre 2007 et 2011. Le procès, qui s’est tenu en huis clos à la demande de la partie civile, a été suivi de près par les avocats et les parties civiles et l’accusé, âgé de 57 ans, est sourd et muet. Par ailleurs, dans les affaires de Sainte-Geneviève-des-Bois et de Marseille, le parquet a requis des peines lourdes dans des dossiers distincts, avec des débats et des condamnations potentielles qui alimentent les discussions judiciaires en cours.
Réclusion de douze ans pour le suspect dans l’affaire de Carcassonne
Après deux jours de procès, dont les débats se sont tenus à huis clos à la demande de la partie civile, la cour criminelle de l’Aude, présidée par Florence Tréguier, a rendu son verdict le mardi 25 novembre en début de soirée. C’est donc douze années de réclusion criminelle qui ont été prononcées contre l’accusé, qui était sourd et muet. L’avocat de la défense, Me Hichem Laredj, et l’avocate des parties civiles, Me Isabelle Fornairon, ont assisté à l’audience; l’accusé a désormais dix jours pour interjeter appel de l’arrêt.

À Sainte-Geneviève-des-Bois: parquet réclame 22 ans pour le meurtre d’Arthur
Tout au long du procès, José M. a clamé son innocence, ou du moins partiellement. S’il reconnaît avoir physiquement empoigné Arthur, dans cette nuit de juillet 2021 où il a trouvé la mort, c’était pour se défendre : « J’étais contraint. Quand quelqu’un vous braque, c’est difficile d’être de son côté », a tenté l’accusé. Ce soir-là, Arthur et un ami, Amine, s’étaient rendus à Sainte-Geneviève-des-Bois avec l’intention « d’attraper quelqu’un, de faire passer un message », a avoué Amine devant des avocats médusés. Six mois avant cette soirée mortelle, la maison d’Arthur avait brûlé dans un contexte de rixe interquartiers entre Sainte-Geneviève-des-Bois et Saint-Michel-sur-Orge. La vengeance s’est retournée contre lui. Le parquet a requis vingt-deux ans de réclusion criminelle; le prononcé du verdict n’est pas détaillé dans le présent résumé.

À Marseille: la Valentine et les verdicts pour le double homicide
Les pochettes colorées renfermant le dossier volumineux du double homicide de La Valentine ont été retirées de la salle d’audience des assises qu’ils encombraient depuis le 17 novembre. Après cinq heures de délibération, Christopher Aouni, 40 ans, et Mohamed Seghier, 47 ans, ont été déclarés coupables de l’assassinat de Nouri Lakas, 31 ans et Nasser Khellaf, 26 ans, perpétré le 4 février 2016 sur le parking du centre commercial La Valentine, dans le 11e arrondissement de Marseille. Appliquant à la lettre les réquisitions de l’avocate générale, le premier a été condamné à 30 années de réclusion criminelle assorties d’une peine de sûreté des deux tiers, le second à la perpétuité avec sûreté de 22 ans. Droit debout dans le box, les deux hommes habitués des cours d’assises ont accueilli le verdict sans laisser paraître la moindre émotion. Avant que la cour ne se retire, ils avaient, une dernière fois, clamé leur innocence.