Le taux de pauvreté en France atteint un niveau inégalé depuis près de 30 ans, selon les dernières données publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Entre 2022 et 2023, ce taux a progressé de 0,9 point, passant de 14,4 % à 15,4 %, ce qui correspond à 9,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, fixé à 1 288 euros par mois pour une personne seule.
Ce phénomène n’est pas une surprise pour les associations de lutte contre la pauvreté, qui dénoncent une situation qui ne cesse de s’aggraver. La fin des aides exceptionnelles telles que l’indemnité inflation et la prime de rentrée a été identifiée comme un facteur clé de cette hausse. Par ailleurs, l’augmentation du nombre de micro-entrepreneurs avec des revenus faibles contribue aussi à cette dynamique préoccupante.
Une augmentation des inégalités et un profil toujours fragile
Les inégalités économiques ont également atteint leur niveau le plus élevé depuis trois décennies. Le niveau de vie des plus modestes a peu progressé face à l’inflation, tandis que celui des plus riches a continué à croître grâce à une meilleure situation sur le marché du travail et à la croissance des revenus financiers. Cela a creusé davantage le fossé social en France.
Les familles monoparentales et les chômeurs restent particulièrement exposés au risque de pauvreté. Plus d’une famille monoparentale sur trois (34,3 %) vit en dessous du seuil de pauvreté, tout comme 21,9 % des enfants de moins de 18 ans. La situation des retraités a été relativement mieux maîtrisée, avec une hausse de seulement 0,3 point, en partie grâce à la revalorisation du minimum contributif dans le cadre de la réforme des retraites.
Une crise sociale accentuée par l’inaction politique
Face à cette aggravation de la précarité, les organisations telles que la Fondation pour le logement des défavorisés dénoncent une situation alarmante, qualifiant la réponse politique d’inaction. Elles mettent en avant la multiplication des coupures d’électricité et de gaz pour impayés, une augmentation des expulsions locatives et une quasi-doublure des personnes déclarant avoir froid chez elles.
Les experts insistent sur la nécessité de mesures structurelles pour faire face à cette crise sociale, plutôt que de se contenter de solutions ponctuelles. Les associations réclament une prise de conscience urgente et des actions concrètes pour soutenir les plus vulnérables et inverser cette tendance inquiétante.