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La réforme des loyers en Allemagne suscite de vives discussions, notamment avec la proposition de la ministre des Bâtiments, Nicole Razavi (CDU), d’introduire un avantage fiscal pour les propriétaires. L’objectif est de remplacer la controversée Mietpreisbremse par des mesures incitatives pour les propriétaires privés.
Proposition d’un avantage fiscal
Nicole Razavi a déclaré à l’agence de presse allemande à Stuttgart : « Il est nécessaire, à mon avis, d’offrir une exonération fiscale pour la location de logements en dessous du loyer de comparaison habituel ». Cette initiative inclurait l’introduction d’un nouveau barème fiscal dans la loi sur l’impôt sur le revenu, accompagnée d’une amélioration des bases juridiques pour l’élaboration des indices de loyer. Selon Razavi, cela constituerait une réponse économique à la controverse entourant la Mietpreisbremse.
Elle a également souligné que plus on impose de restrictions, plus on risque de voir les propriétaires fuir. « Les propriétaires privés devraient également être récompensés s’ils pratiquent des loyers abordables », a-t-elle précisé. Chaque propriétaire doit indiquer le montant du loyer dans sa déclaration fiscale, et cette déclaration sera contrôlée par échantillonnage, ce qui constitue un faible effort de contrôle par rapport à la quantité d’informations fournies dans les déclarations fiscales.
Prolongation de la Mietpreisbremse jusqu’à fin 2025
En décembre, Razavi a annoncé la prolongation de la Mietpreisbremse pour 89 villes de Bade-Wurtemberg jusqu’à fin 2025. L’objectif est d’assurer une solution transitoire dans la région. Son porte-parole a expliqué que cela permet de garder toutes les options ouvertes. Le gouvernement fédéral devra alors décider de l’avenir de cette législation, car le Land ne peut que prolonger temporairement la mesure, la base légale fédérale arrivant à expiration fin 2025.
Contexte politique et attentes futures
Cette annonce survient dans le contexte de l’échec de la coalition gouvernementale à Berlin. Bien que le Cabinet ait récemment soutenu la prolongation et le renforcement de la Mietpreisbremse jusqu’à fin 2029, des tensions subsistent. Là où la Mietpreisbremse est en vigueur depuis 2015, les loyers lors de la relocation de logements existants ne peuvent pas dépasser le niveau de loyer de comparaison habituel, majoré de dix pourcent.
Les Verts et le SPD souhaitent s’assurer que cet instrument de protection des locataires reste accessible après le 31 décembre 2025, tandis que la FDP refuse de s’engager, et l’Union souhaite attendre les élections pour discuter de la pertinence d’une nouvelle version de la Mietpreisbremse pour une période transitoire.