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Réforme urgente contre l’antisémitisme dans les universités australiennes

par Sara
Australie

Un rapport sur l’antisémitisme dans les universités australiennes recommande aux établissements d’adopter une définition qui « s’aligne étroitement » sur celle de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Cette définition a suscité des contestations, notamment de la part de Palestiniens et d’organisations de la société civile internationale, qui estiment qu’elle étouffe la critique d’Israël.

Recommandations du rapport

Présenté par Josh Burns, président du comité parlementaire sur les droits de l’homme, ce rapport appelle les universités à publier des rapports anonymisés sur les plaintes relatives à l’antisémitisme, dans le cadre de changements urgents devant être mis en œuvre dès le premier semestre de cette année. Le comité, mis en place en octobre, a reçu plus de 600 contributions, principalement de la part d’étudiants et de personnel juif, faisant état de leurs expériences liées à l’antisémitisme.

Besoins urgents de réforme

Le rapport souligne le besoin urgent de réforme pour garantir la sécurité des étudiants et du personnel juif sur les campus. Il note que la réticence des dirigeants universitaires à imposer des « conséquences significatives » a permis à un « environnement toxique de se développer », entraînant un « manque de confiance » entre les universités et la communauté juive.

Simplification des politiques de plainte

Pour améliorer la transparence, le rapport recommande aux universités de simplifier leurs politiques de plainte, y compris la publication régulière de rapports anonymisés. Il suggère également que ces établissements adoptent une définition claire de l’antisémitisme, en phase avec celle de l’IHRA.

Réactions des membres du comité

Dans ses commentaires additionnels, les membres de la Coalition ont déclaré que le gouvernement devrait modifier la législation pour obliger toutes les universités publiques à adopter la définition de l’IHRA. Cette définition inclut, parmi d’autres exemples, le fait de « cibler l’État d’Israël, conçu comme une collectivité juive ». Cependant, ses détracteurs soutiennent que cette interprétation pourrait entraver la critique légitime d’Israël et limiter la liberté d’expression.

Prise en compte par les universités

Les universités australiennes sont divisées sur l’adoption de cette définition. En janvier 2023, l’Université de Melbourne a été la première à annoncer qu’elle l’adopterait dans le cadre de son engagement plus large contre le racisme.

Recommandations supplémentaires

Le rapport propose également d’évaluer si la loi sur le travail équitable devrait être modifiée pour permettre des actions disciplinaires contre les employés des universités ayant enfreint le Code pénal ou la loi sur la discrimination raciale. Il recommande que, si la réponse des universités s’avère insuffisante, le gouvernement envisage la création d’une enquête judiciaire sur l’antisémitisme.

Urgence de la situation

Josh Burns a exprimé sa préoccupation quant à l’exclusion des étudiants juifs de la vie universitaire, certains évitant même de se rendre sur les campus. « La situation actuelle n’est pas acceptable et doit changer avant que les étudiants ne retournent sur le campus dans quelques semaines », a-t-il déclaré.

Liste des recommandations

Le rapport comprend dix recommandations clés :

  • Les vice-chanceliers doivent organiser une réunion formelle avec les associations d’étudiants juifs et le personnel au premier semestre pour discuter de l’antisémitisme sur les campus ;
  • Les universités australiennes doivent adopter une définition de l’antisémitisme alignée sur celle de l’IHRA ;
  • Les universités doivent rendre compte des résultats des plaintes avec plus de transparence, y compris des contributions des vice-chanceliers ;
  • Le gouvernement doit envisager de modifier la loi sur le travail équitable ;
  • Les universités doivent revoir et simplifier leurs procédures de plainte ;
  • Les universités doivent envisager d’investir dans la recherche sur l’antisémitisme ;
  • Les universités doivent proposer une formation continue pour les étudiants, le personnel et la direction sur la reconnaissance et la gestion de l’antisémitisme ;
  • Le gouvernement doit envisager d’élargir les pouvoirs de conformité de l’Agence pour la qualité et les normes de l’enseignement supérieur ;
  • Le Médiateur national des étudiants doit examiner les pratiques universitaires pour réduire l’antisémitisme sur les campus dans un délai de 12 mois ;
  • Enfin, le gouvernement doit réfléchir à une enquête judiciaire si les réponses des universités sont jugées insuffisantes.
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source:https://www.theguardian.com/australia-news/2025/feb/12/inquiry-urges-australian-universities-to-closely-align-with-controversial-definition-of-antisemitism-ntwnfb

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