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Sanctions autour de Zelensky dans l’affaire de corruption en Ukraine

par charles
Ukraine

En Ukraine, une affaire de corruption touchant le secteur énergétique et des responsables d’État secoue le pays dans un contexte de guerre. Après quinze mois d’enquête, l’Agence nationale anticorruption NABU et le Parquet spécialisé anticorruption SAPO indiquent avoir démantelé un système de blanchiment lié à Energoatom, portant sur 100 millions de dollars. Des ministres clefs ont démissionné à la suite de ces révélations, et le débat public s’articule autour de la lutte anticorruption et des répercussions politiques possibles.

À Kyiv, sanctions lourdes contre un proche de Zelensky et démissions de ministres

Selon les autorités, l’opération baptisée « Midas » a donné lieu à 70 perquisitions et vise notamment l’ancien ministre de l’Énergie Guerman Galouchtchenko et Timour Minditch, copropriétaire d’une société associée à l’ancien président Volodymyr Zelensky. L’enquête précise que l’homme « exerçait un contrôle sur l’accumulation, la distribution et la légalisation de fonds d’origine criminelle dans le secteur énergétique ukrainien » et aurait profité de « ses relations privilégiées avec le président » pour orchestrer ce système, selon un procureur du SAPO. Le scandale survient alors que les ministres concerné·e·s, Svitlana Gryntchouk et Guerman Galouchtchenko, ont annoncé mercredi leur démission sur ordre du président. De son côté, Minditch est soupçonné d’avoir influencé des décisions de hauts responsables, et a quitté l’Ukraine peu après le déclenchement de l’affaire. Ces mesures ont été accompagnées d’un vote parlementaire attendu le vendredi pour entériner le renvoi des deux ministres.

Sanctions ciblant un proche de Zelensky dans une affaire de corruption
Sanctions contre un proche de Zelensky dans l’affaire de corruption

Évolution du contexte et perceptions publiques

Depuis 2022, la lutte anticorruption est active dans le cadre de la guerre et des efforts d’intégration européenne. NABU et SAPO évoquent plus de 10 000 affaires enregistrées et 258 condamnations par la Haute Cour Anticorruption au 30 juin 2025, signe d’un appareil répressif en activité soutenue, selon la politologue Anastasia Fomitchova. Un sondage du Kyiv International Institute of Sociology publié à la mi‑octobre montre que 56 % des Ukrainiens estiment qu’il existe de réelles tentatives de lutte contre la corruption, mais 71 % jugent que le niveau de corruption a augmenté depuis l’invasion russe. Le contexte de guerre et la pression européenne nourrissent un sentiment ambigu, suscitant à la fois espoirs et questioning sur l’efficacité des enquêtes.

Selon Fomitchova, ce qui est mesuré aujourd’hui peut être interprété comme un signe positif dans le cadre des discussions sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, même si l’évolution dépendra des développements futurs et des mesures prises au niveau politique et judiciaire. « Ce qui est un critère fondamental pour l’avancement des discussions sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne », a-t-elle déclaré à La Dépêche du Midi. L’affaire, qui a entraîné la démission de deux ministres, s’inscrit dans un panorama plus large de réformes et de réorientations des autorités ukrainiennes face à la guerre et à la pression européenne.

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