À la veille de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska, prévue ce vendredi 15 août, Elina Ribakova livre une analyse mesurée de l’efficacité des sanctions russes : pour cette chercheuse associée à l’Institut Bruegel, leur impact est réel mais limité si elles ne sont pas appliquées strictement et renforcées dans le temps.
Portée et limites des sanctions russes avant la rencontre du 15 août
Les efforts diplomatiques se multiplient pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine, alors que la rencontre très attendue entre Donald Trump et Vladimir Poutine doit avoir lieu ce vendredi 15 août en Alaska. Interrogée par Le Figaro, Elina Ribakova—chercheuse associée à l’Institut Bruegel, vice‑présidente pour la politique étrangère à la Kyiv School of Economics et chercheuse associée au Peterson Institute for International Economics—met en garde contre une vision trop simpliste du pouvoir des mesures coercitives occidentales.
Selon elle, les sanctions ont une portée tangible : elles ont «fragilisé l’économie russe», mais leur efficacité dépend fortement de leur mise en œuvre et de leur renforcement continu. Ribakova souligne que l’on ne doit pas surestimer la capacité des mesures économiques à résoudre un conflit par leur seule existence.
«Beaucoup de personnes pensent que les sanctions peuvent mettre fin à un conflit en un claquement de doigts, mais ce n’est pas comme cela que ça fonctionne»
Dans l’entretien, elle rappelle également une observation historique : «L’histoire montre que les sanctions, même massives, n’ont jamais suffi à mettre fin à une guerre», formulée pour souligner les limites intrinsèques de ces instruments quand ils ne sont pas combinés à d’autres leviers diplomatiques et politiques.
Sur le plan concret, Ribakova note que les sanctions occidentales adoptées depuis 2022 ont été très larges, «couvrant trois domaines majeurs : le secteur financier, l’énergie et les exportations…» Cette description met en relief la dimension multisectorielle des mesures, même si l’entretien publié est partiellement réservé aux abonnés et ne détaille pas l’ensemble des mesures et mécanismes.
Analyse synthétique des éléments évoqués
- Impact macroéconomique : la chercheuse estime que les sanctions ont dégradé certains indicateurs économiques russes, d’où sa formulation «fragilisé l’économie russe».
- Conditions d’efficacité : Ribakova insiste sur la nécessité d’une application rigoureuse et d’un renforcement constant des mesures pour en accroître l’effet.
- Limitation historique : la référence à l’histoire des sanctions sert à rappeler que ces instruments, isolément, n’ont pas l’habitude de mettre fin à des conflits armés.
La rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, à laquelle la communauté internationale prête une attention soutenue, intervient donc dans un contexte où les sanctions russes constituent un enjeu central des discussions. Ribakova analyse l’effet de ces mesures à ce stade et évoque, dans l’entretien, les leviers permettant de renforcer leur efficacité, sans toutefois détailler de nouvelles propositions publiques dans la portion accessible de l’article.
En l’état, son message reste clair et circonspect : les sanctions peuvent peser sur une économie ciblée, mais leur influence sur l’issue d’un conflit dépend d’un ensemble plus vaste d’actions politiques et diplomatiques, ainsi que d’une mise en œuvre constante et coordonnée entre partenaires.