Table of Contents
Le président du Conseil de commandement yéménite, Rashad al-Alimi, a averti mardi que tout accord avec les Houthis dépourvu de garanties exécutoires risquerait de raviver la violence. Il a insisté sur l’attente du peuple yéménite d’une paix durable qui respecte l’autorité de l’État et n’engendre pas de nouveaux cycles de conflit.
Les exigences pour une paix durable
Lors d’une rencontre à Riyad avec une délégation de l’Institut européen pour la paix, al-Alimi a qualifié les Houthis de «groupe idéologique fermé», dont le projet reposeraient selon lui sur la discrimination et la prétention à un droit divin de gouverner. Par conséquent, il estime que la paix doit s’accompagner de garanties tangibles pour éviter le retour de la violence.
À cet égard, il a détaillé plusieurs exigences : le démantèlement des structures militaires et idéologiques du mouvement, l’inscription dans la Constitution et la loi d’une interdiction de la xénophobie et du sectarisme, et la prévention de la légitimation de faits accomplis établis par la force. En outre, il a appelé à un soutien économique et sécuritaire aux institutions d’État afin de rétablir pleinement leur autorité.
Renforcement des alliances internationales
Al-Alimi a également souligné la «partenariat historique» avec les États-Unis lors d’une entrevue avec le chargé d’affaires américain à Sanaa, Jonathan Betcha, saluant le rôle de Washington dans le soutien à la légitimité, la lutte contre le terrorisme et la protection de la sécurité régionale et internationale. Il a remercié la position ferme de Washington contre les milices et les pressions exercées sur l’Iran, estimant que ces efforts contribuent à la préservation d’un ordre international fondé sur des règles.
Le chef du Conseil a réaffirmé l’engagement de son institution et du gouvernement envers «une paix juste et durable qui mette fin à la guerre et ne légitime pas l’armement hors de l’État», rappelant la nécessité de garanties pour consolider tout accord futur.
Appels de l’ONU et état du processus de paix
De son côté, l’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a appelé à renouveler les efforts en faveur d’un processus politique inclusif conduit par les Yéménites. Il a annoncé qu’il poursuivrait son engagement avec les acteurs yéménites et régionaux pour favoriser le dialogue et réduire les tensions.
Rappelons que, en décembre 2023, le gouvernement yéménite et les Houthis avaient accepté une série de mesures dans le cadre d’une feuille de route comprenant notamment un cessez-le-feu global et des améliorations des conditions de vie, en vue de mettre un terme au conflit qui secoue le pays depuis 2014. Toutefois, et malgré la trêve d’avril 2022, la mise en œuvre de cette feuille de route reste à ce jour inachevée, tandis que les deux parties s’accusent mutuellement d’entraver le progrès.
Aucun commentaire immédiat n’a été publié par les Houthis à la suite des déclarations d’al-Alimi. Pendant ce temps, la question des garanties concrètes demeure au cœur des discussions sur la possibilité d’une paix durable au Yémen.