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Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a déclaré qu’il était « évident » que le président américain manifestait une volonté d’envahir le Groenland, une affirmation intervenue alors que Paris annonce l’envoi de troupes sur l’île à la demande du Danemark. La montée des tensions a suivi des échanges récents entre responsables danois et américains à la Maison-Blanche.
Après cette réunion à Washington, Rasmussen a parlé de positions « différentes » entre les deux pays et a insisté sur le fait qu’il n’était « absolument pas nécessaire » que les États-Unis prennent possession du Groenland. Il a souligné la nécessité d’un partenariat respectueux entre Washington et Copenhague concernant l’avenir de l’archipel arctique.
Une alliée, pas une subordonnée
La ministre groenlandaise des Affaires étrangères, Vivian Motzfeldt, a réitéré la volonté du Groenland d’être « alliée » des États-Unis et non leur « subordonnée ». Ses déclarations font écho aux réactions locales après les propos du président américain, qui a estimé que l’île devait se trouver « entre les mains des États-Unis ».
Dans un post sur sa plateforme, le président américain a également affirmé qu’il ne pouvait se fier au Danemark pour la défense du Groenland et a dit avoir évoqué la question avec le secrétaire général de l’OTAN, exprimant son souhait de voir « quelque chose se produire ». Ces messages ont contribué à l’inquiétude des autorités danoises et groenlandaises.
Renforcement militaire européen
Face à ces propos, le président français a annoncé l’envoi de forces au Groenland à la demande du Danemark, indiquant qu’un premier détachement français était déjà en route et que d’autres renforts suivraient. Paris a précisé que ces unités participeraient à des exercices conjoints organisés sous l’intitulé « opération Résilience polaire ».
L’Allemagne a de son côté confirmé l’envoi d’éléments « d’information et d’évaluation » pour explorer la possibilité de contribuer militairement à la sécurité danoise dans la région.
Coopération européenne
Plusieurs pays nordiques ont manifesté leur implication : la Suède et la Norvège ont confirmé leur participation aux manœuvres, marquant ainsi une mobilisation européenne coordonnée autour de la défense du territoire danois. Le président français a prévenu que tout défi porté à la souveraineté d’un allié européen entraînerait des conséquences « inédites ».
- France : déploiement initial annoncé
- Allemagne : mission d’évaluation
- Suède et Norvège : participation aux exercices
Enjeux stratégiques du Groenland
Le Groenland bénéficie d’un large degré d’autonomie mais reste sous souveraineté danoise. Sa position arctique et ses ressources naturelles font de l’île un point stratégique majeur, notamment avec l’ouverture progressive des routes maritimes du Nord liée au réchauffement climatique.
Avec quelque 57 000 habitants, le Groenland est au cœur des rivalités croissantes entre grandes puissances, et l’intérêt affiché par les États-Unis a ravivé les inquiétudes sur l’équilibre régional face aux activités accrues de la Russie et de la Chine dans l’Arctique.
Dans ce contexte, les autorités danoises appellent à un dialogue fondé sur le respect mutuel et la coopération multilatérale pour garantir la sécurité et l’intégrité du Groenland, tandis que les partenaires européens affirment leur volonté de soutenir Copenhague face à toute tentative de remise en cause de sa souveraineté.