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Des sources ont indiqué dimanche que Mark Savaya, nommé il y a quatre mois par le président américain Donald Trump comme envoyé spécial pour l’Irak, ne semble plus occuper ce poste, alimentant les spéculations sur un remplacement possible par Tom Brack. Ce changement intervient alors que les tensions entre Washington et Bagdad montent, notamment autour des efforts américains visant à empêcher le retour au pouvoir de l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, perçu par Washington comme un relais de l’influence iranienne en Irak.
Un départ signalé, sans confirmation officielle
Il n’a pas été immédiatement clair ce qui a conduit à la sortie de Mark Savaya du rôle d’envoyé spécial, ni si un remplaçant serait nommé dans l’immédiat. Selon des sources citées par l’agence d’information, certains responsables ont évoqué des problèmes de gestion dans la conduite du dossier irakien.
Pour sa part, Mark Savaya a nié tout changement de statut lors d’un échange récent, affirmant qu’il poursuivait les démarches administratives nécessaires pour prendre officiellement ses fonctions et qu’il s’attendait à leur achèvement prochainement.
Accusations de « mauvaise gestion »
Un interlocuteur a, toutefois, imputé à Savaya une « mauvaise gestion » de questions clés, citant notamment son incapacité à empêcher la candidature de Nouri al-Maliki au poste de Premier ministre — une issue que Washington avait publiquement contestée.
Ces critiques interviennent alors que le rôle de l’envoyé spécial était censé traduire la volonté américaine de limiter l’influence iranienne dans les décisions politiques irakiennes, un objectif devenu source de frictions croissantes avec Bagdad.
Silence et disparition du compte sur X
Les tentatives de solliciter Savaya pour obtenir des précisions sont restées sans réponse dans les jours qui ont suivi. Par ailleurs, son compte sur la plateforme X, actif jusqu’à récemment, a été fermé depuis jeudi, ce qui a renforcé les interrogations sur son statut.
Plusieurs requêtes adressées à son équipe pour éclaircir la situation et expliquer la fermeture du compte sont demeurées sans réponse.
Profil et activité limitée
Mark Savaya est un homme d’affaires irako-américain qui figurait parmi un petit nombre d’Américains d’origine arabe nommés à des postes importants par l’administration Trump. Son parcours, marqué par des activités commerciales — notamment un projet dans le secteur du cannabis à Détroit — et des liens personnels avec le président, avait surpris certains observateurs en raison de son absence d’expérience diplomatique.
- Origine : irako-américain.
- Parcours professionnel : homme d’affaires, projet commercial à Détroit.
- Expérience diplomatique : limitée, sans voyage officiel en Irak depuis sa nomination.
Selon deux sources, Savaya n’avait pas effectué de déplacement officiel en Irak après sa désignation. Il devait se rendre à Bagdad et rencontrer des hauts responsables vendredi dernier, mais a annulé ces rendez-vous de manière soudaine, d’après des responsables irakiens.
Tom Brack pressenti pour prendre la relève
Parmi les noms évoqués pour lui succéder figure Tom Brack, actuel ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie. Brack s’est récemment rendu à Erbil pour rencontrer une délégation des Forces démocratiques syriennes, ce qui alimente les conjectures sur une prochaine réaffectation vers le portefeuille irakien au sein du département d’État.
Un porte-parole de Tom Brack a refusé de commenter ces rumeurs, laissant planer l’incertitude sur une annonce éventuelle.
Un contexte diplomatique tendu
Ces mouvements interviennent quelques jours après un avertissement public du président Trump adressé à l’Irak : si le pays devait choisir à nouveau Nouri al-Maliki comme Premier ministre, Washington menacerait de suspendre toute aide gouvernementale. Cette posture a exacerbé les tensions bilatérales et placé la nomination de l’envoyé spécial au cœur d’un arbitrage délicat entre pression américaine et souveraineté irakienne.
À court terme, le choix d’un nouveau représentant américain à Bagdad reflétera la manière dont Washington entend poursuivre sa stratégie régionale et gérera ses relations avec les forces politiques irakiennes. Les prochains jours devraient apporter des éclaircissements sur la désignation officielle et les priorités qui en découleront.