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Factions kurdes iraniennes préparent-elles une offensive terrestre ?

par Sara
Iran, Irak, États-Unis, Israël

Des responsables américains et israéliens ont indiqué au site Axios que plusieurs factions kurdes iraniennes se prépareraient à lancer une offensive terrestre depuis l’Irak contre le nord‑ouest de l’Iran. Selon ces sources, ce mouvement viserait à intensifier la pression sur Téhéran et à encourager une révolte intérieure susceptible de s’étendre à d’autres régions du pays.

Un front kurde depuis l’Irak

Selon le même rapport, cinq groupes kurdes iraniens basés en Irak ont formé une coalition baptisée « Alliance des forces politiques du Kurdistan iranien ». Ces organisations disposeraient de milliers de combattants le long de la frontière irako‑iranienne et contrôlent plusieurs positions stratégiques.

Au cours des dernières semaines, des centaines de militants auraient été transférés de camps situés en Irak vers la rive iranienne de la frontière, illustrant des préparatifs pour une incursion potentielle, affirme une source proche d’une de ces factions.

Soutien supposé des services de renseignement

Trois sources — dont des responsables américains et israéliens — ont indiqué qu’une partie de ces milices recevrait un appui des services de renseignement, notamment du Mossad et de la CIA. Cet accompagnement inclurait, d’après certaines allégations, un soutien logistique et des livraisons d’armement léger dans le cadre d’opérations clandestines.

Les responsables cités expliquent que l’objectif affiché d’une telle poussée terrestre serait de prendre le contrôle d’une zone précise du Kurdistan iranien, créant ainsi un foyer de contestation susceptible d’inspirer une révolte plus large contre le régime.

Une initiative attribuée à Tel‑Aviv

Le site rapporte qu’une idée initiale d’utiliser les factions kurdes pour ouvrir un deuxième front viendrait du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et du Mossad, avant qu’une implication américaine ne soit envisagée. Des responsables israéliens auraient également promis non seulement un soutien militaire, mais aussi un appui politique en cas d’effondrement du pouvoir central en Iran, évoquant la possibilité d’une zone kurde autonome.

Cependant, des voix mettent en garde sur la capacité réelle de ces groupes à tenir un tel pari militaire. Certains observateurs redoutent que ces factions ne deviennent, comme le dit une source, « combustible » pour l’escalade du conflit.

Réactions officielles et réserves

La porte‑parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré que le président n’avait approuvé aucun plan visant à soutenir une offensive des factions kurdes iraniennes contre le régime. Par ailleurs, le sénateur Marco Rubio a affirmé lors d’une réunion à huis‑clos du Congrès qu’il n’existait pas d’approvisionnement direct en armes effectué par les États‑Unis pour ces groupes, tout en reconnaissant l’incertitude sur d’éventuelles actions israéliennes.

Du côté irakien, les autorités ont, selon Téhéran, assuré qu’elles n’autoriseront pas l’utilisation du sol irakien pour menacer l’Iran. Des discussions téléphoniques ont eu lieu entre le président américain et des leaders kurdes irakiens, Masoud Barzani et Bafel Talabani, qui ont exprimé leurs réserves quant à une participation directe à une incursion sur le territoire iranien.

Riposte iranienne et récits contradictoires

Face à ces rapports, l’Iran a affirmé avoir visé des bases de groupes kurdes dans la région du Kurdistan irakien. Le commandement « Khatam al‑Anbiya » des forces armées iraniennes a annoncé avoir frappé ces positions avec trois missiles, et l’agence Fars a rapporté des incendies dans des quartiers ciblés de la ville de Souleimaniyeh.

Pour autant, les récits restent contradictoires : certains médias ont évoqué des incursions kurdes dans le nord‑ouest iranien, tandis que Téhéran et Erbil ont fermement nié certaines de ces allégations. Des journaux internationaux ont aussi affirmé que des livraisons d’armements légers par la CIA auraient commencé avant la montée récente des tensions, ce qui, si confirmé, représenterait une escalade significative.

Enjeux et risques d’escalade

Des analystes soulignent qu’un soutien extérieur aux factions kurdes iraniennes pour déclencher une offensive ou un soulèvement interne pourrait profondément modifier la dynamique du conflit régional. Un tel scénario risquerait de provoquer une réaction militaire iranienne susceptible, à son tour, d’autoriser des frappes aériennes américaines ou israéliennes contre des unités kurdes engagées.

Dans ce contexte instable, les prochains jours seront déterminants pour vérifier si ces préparatifs se concrétisent en opération ou restent au stade d’un jeu d’influence stratégique entre acteurs régionaux et services de renseignement.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/3/5/%d8%a3%d9%83%d8%b3%d9%8a%d9%88%d8%b3-%d9%87%d9%84-%d8%aa%d9%82%d9%88%d8%af-%d9%81%d8%b5%d8%a7%d8%a6%d9%84-%d9%83%d8%b1%d8%af%d9%8a%d8%a9-%d8%a5%d9%8a%d8%b1%d8%a7%d9%86%d9%8a%d8%a9

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