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Le porte-avions Fujian, le troisième de la marine chinoise et le premier conçu et construit entièrement en Chine, est entré officiellement en service après une série d’essais en mer approfondis. Le président Xi Jinping a inspecté le bâtiment à Sanya, dans la province insulaire de Hainan, marquant une étape symbolique dans l’expansion navale de Pékin. La mise en service du porte-avions Fujian illustre la volonté de la Chine d’accroître sa présence opérationnelle au-delà de ses eaux territoriales.
Mise en service et cérémonie
La cérémonie de mise en service a rassemblé plus de 2 000 représentants des forces navales et des chantiers navals impliqués dans la construction du porte-avions Fujian. Au cours de l’événement, le pavillon a été hissé et le navire a été présenté officiellement comme une unité opérationnelle de la marine. L’inspection par le président Xi a souligné l’importance stratégique accordée à ce programme par la direction chinoise.
- Lieu : Sanya, province de Hainan.
- Participants : personnel naval et équipes de construction.
- Signification : première mise en service d’un porte-avions entièrement conçu en Chine.
Caractéristiques techniques et capacités
Le porte-avions Fujian se distingue des précédents exemplaires chinois par son architecture et ses systèmes de lancement, ce qui lui confère des capacités accrues en matière d’aéronefs embarqués. Contrairement au Liaoning et au Shandong, conçus à partir de modèles russes et équipés d’une rampe de décollage, le Fujian possède un pont d’envol plat et des catapultes électromagnétiques. Ces systèmes permettent le lancement d’appareils plus lourds et mieux armés, augmentant la polyvalence du groupe aérien embarqué.
- Type : porte-avions de conception indigène.
- Système de lancement : catapultes électromagnétiques (EMALS).
- Avantage : capacité à embarquer davantage d’avions et des appareils plus lourds.
Essais en mer et aéronefs embarqués
Durant les essais en mer, le Fujian a mis en œuvre plusieurs types d’avions destinés à opérer depuis son pont. Les essais ont inclus la version embarquée du chasseur furtif J-35, un avion d’alerte avancée KJ-600 et une variante du J-15 déjà en service. L’intégration d’un appareil de reconnaissance et d’alerte permet au Fujian d’étendre ses opérations loin des zones couvertes par le soutien aérien terrestre.
- J-35 : chasseur furtif destiné aux opérations embarquées.
- KJ-600 : avion de surveillance et d’alerte aérienne embarqué.
- J-15 : variante modernisée du chasseur embarqué existant.
Capacités opérationnelles et limites
La possibilité d’embarquer ses propres avions de reconnaissance améliore l’autonomie du groupe aéronaval, notamment lorsqu’il évolue au-delà de la portée des bases terrestres. Cela signifie que, contrairement au Liaoning et au Shandong, le Fujian pourra opérer plus efficacement dans des zones maritimes éloignées. Toutefois, le calendrier exact pour atteindre une pleine capacité opérationnelle reste incertain, car des tests supplémentaires et des entraînements sont nécessaires.
- Autonomie renforcée en matière de renseignement et de surveillance.
- Capacité accrue pour des opérations à longue distance.
- Nécessité de poursuivre les entraînements pour atteindre la pleine disponibilité opérationnelle.
Enjeux stratégiques et géopolitiques
Le porte-avions Fujian s’inscrit dans la stratégie plus large de modernisation et d’expansion militaire promue par la direction chinoise. Le leadership chinois vise une armée modernisée d’ici 2035 et une force de classe mondiale capable de rivaliser avec les États-Unis d’ici 2050. Le Fujian représente une étape tangible dans la projection d’une marine capable d’opérer en haute mer et d’affirmer l’influence de Pékin en Indo-Pacifique.
- Objectif chinois : projection de puissance au-delà des mers proches.
- Zone d’intérêt : mer de Chine méridionale, mer de Chine orientale et au-delà.
- Conséquence : renforcement de la capacité de contestation face à la présence américaine en Pacifique.
Analyses et réactions d’experts
Des spécialistes estiment que les porte-avions jouent un rôle central dans la vision chinoise d’une puissance maritime de premier plan. Greg Poling, directeur de l’Asia Maritime Transparency Initiative au Center for Strategic and International Studies, a souligné l’importance des porte-avions pour la stratégie chinoise visant à devenir une grande puissance dotée d’une marine océanique. Pour certains analystes, le Fujian est essentiel si la Chine souhaite contester l’accès et l’influence des États-Unis dans le large Indo-Pacifique.
- Point clef : les porte-avions renforcent la projection de puissance.
- Perspective : outil pour défier l’hégémonie américaine au-delà de la « première chaîne d’îles ».
- Observation : utilité limitée dans les espaces proches, mais cruciale pour des opérations lointaines.