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Les « cinq cercles » d’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran

par Sara
Iran, États-Unis, Israël, Arabie Saoudite, Qatar, Koweït, Bahreïn

Les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran passent à une nouvelle phase stratégique, axée sur les installations énergétiques et industrielles afin de « couper l’oxygène » de la machine militaire iranienne. Selon des analyses d’experts militaires, cette offensive s’inscrit dans une approche coordonnée visant à affaiblir la fabrication de missiles et la logistique de guerre, tout en contraignant la vie civile.

La doctrine des « cinq cercles »

Un expert militaire a résumé l’approche alliée par la formule de la « stratégie des cinq cercles ». L’ordre des priorités débute par la neutralisation des centres de commandement et de contrôle, puis la destruction des systèmes vitaux soutenant l’effort de guerre — notamment l’énergie et la production d’armement — avant d’atteindre les infrastructures civiles, les forces combattantes, et enfin les populations civiles.

Les frappes initiales, qui ont ciblé et entraîné la mort de nombreuses personnalités du régime, illustrent selon cet expert l’exécution délibérée du premier cercle de cette doctrine.

L’énergie, nerf de la machine militaire iranienne

Les analystes soulignent le lien étroit entre disponibilité énergétique et capacité de production militaire. La fabrication d’un seul missile mobilise des chaînes industrielles complexes — usines de propergol solide, ateliers de charges utiles, coques et systèmes de guidage — toutes tributaires d’une alimentation électrique et logistique continue.

De ce point de vue, viser les installations énergétiques revient à paralyser l’ensemble de la chaîne de production. En outre, certaines infrastructures visées, comme les stations de dessalement, ont aussi une importance civile majeure et déclenchent des effets immédiats sur la vie quotidienne.

Effets civils et vulnérabilités hydriques

La destruction ou l’altération d’installations de dessalement et d’approvisionnement en eau peut provoquer une crise humanitaire rapide. À titre d’exemple, une station majeure de dessalement desservant une partie importante de la population de Téhéran pourrait affecter près d’un million d’habitants sur dix millions.

Plus largement, la dépendance des pays du Golfe à l’eau dessalée rend la région particulièrement vulnérable : le Koweït dépend pour environ 90 % de cette source, l’Arabie saoudite pour 75 %, et Bahreïn dans des proportions comparables. Des attaques prolongées sur ces infrastructures pourraient donc prendre une dimension existentielle pour certains États.

Riposte iranienne et ciblage des infrastructures du Golfe

En réaction aux attaques, Téhéran a multiplié les frappes contre des infrastructures dans la région du Golfe, visant notamment des installations situées entre des points pétroliers et industriels stratégiques. Les représailles ont inclus tirs de missiles et drones vers Israël ainsi que frappes visant ce que l’Iran qualifie d’« intérêts américains » dans plusieurs pays arabes et golfeens.

Ces opérations ont provoqué des victimes civiles et des dommages matériels, touchant entre autres des aéroports, des ports et des bâtiments résidentiels, et alimentent le risque d’escalade régionale.

Décentralisation militaire et maintien des opérations

Les autorités iraniennes auraient mis en œuvre des plans de décentralisation des forces après des affrontements passés, permettant à chaque unité de poursuivre des objectifs prédéfinis sans recourir en permanence à une chaîne de commandement centralisée. Cette organisation explique, selon les analystes, la capacité des forces iraniennes à continuer leurs opérations malgré l’affaiblissement ou la destruction des échelons supérieurs de commandement.

Par ailleurs, la maîtrise de points stratégiques comme l’île de Kharg reste un enjeu majeur : un contrôle étranger y ferait peser un risque permanent sur les exportations pétrolières, 70 à 80 % des flux transitant par certaines routes maritimes, ce qui rendrait toute occupation difficile à soutenir.

Un conflit aux répercussions régionales

Depuis la montée des hostilités fin février, les frappes menées par Israël et les États-Unis contre des cibles iraniennes ont causé selon les bilans des centaines de morts et de blessés, y compris parmi des responsables de haut rang du régime. En miroir, l’Iran a intensifié ses attaques balistiques et de drones, ainsi que ses frappes contre des infrastructures dans les pays du Golfe, alimentant une dynamique d’escalade.

La combinaison d’une stratégie centrée sur l’énergie et d’une riposte visant les infrastructures civiles et économiques rend le conflit particulièrement dangereux pour la stabilité régionale et pour les populations déjà exposées.

source:https://www.aljazeera.net/politics/2026/3/9/%d8%ae%d8%a8%d9%8a%d8%b1-%d8%b9%d8%b3%d9%83%d8%b1%d9%8a-%d8%a5%d9%8a%d8%b1%d8%a7%d9%86-%d8%aa%d9%87%d8%af%d8%af-%d8%aa%d8%ad%d9%84%d9%8a%d8%a9-%d9%85%d9%8a%d8%a7%d9%87

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