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La Syrie a annoncé lundi qu’Israël avait envoyé 60 soldats pour occuper une zone à l’intérieur de ses frontières autour du Mont Hermon, qualifiant cette opération de violation de sa souveraineté et de nouvelle menace pour la sécurité régionale.
Réaction officielle de Damas
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères syrien a dénoncé cet « escalade grave », estimant qu’elle constitue « une menace directe pour la paix et la sécurité régionales » et reflète « à nouveau l’approche agressive des autorités d’occupation ».
Les autorités syriennes ont précisé que l’incident s’est produit à proximité d’une colline stratégique dominant la localité de Beit Jinn.
Des habitants de la zone ont en outre indiqué que les forces israéliennes y avaient arrêté six Syriens, selon les autorités locales.
Version des forces israéliennes
Un porte-parole militaire israélien a affirmé que les forces avaient mené une activité opérationnelle « routinière » dans le sud de la Syrie, tout en niant avoir opéré à Beit Jinn, une zone proche de la frontière avec le Liban et du Mont Hermon.
Selon l’armée israélienne, aucune arrestation n’a été effectuée durant cette opération en Syrie du sud, mais un individu a été retenu pour interrogatoire après l’identification de suspects s’approchant de la zone d’une manière jugée menaçante par les troupes.
Israël justifie ses interventions en Syrie par des préoccupations sécuritaires apparues « depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre dernier » (voir fiche : https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2014/11/19/%D8%A8%D8%B4%D8%A7%D8%B1-%D8%A7%D9%84%D8%A3%D8%B3%D8%AF), invoquant aussi son « engagement à protéger les membres de la minorité druze dans le sud syrien ».
Position et déclarations antérieures
En janvier, le ministre israélien de la Défense Yisrael Katz avait déclaré que les forces israéliennes resteraient au sommet du Mont Hermon « jusqu’à nouvel ordre », soulignant ainsi une présence prolongée dans la zone (cf. https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2024/2/3/%D9%8A%D8%B3%D8%B1%D8%A7%D8%A6%D9%8A%D9%84-%D9%83%D8%A7%D8%AA%D8%B3-%D9%88%D8%B2%D9%8A%D8%B1-%D8%A5%D8%B3%D8%B1%D8%A7%D8%A6%D9%8A%D9%84%D9%8A-%D8%A7%D9%82%D8%AA%D8%B1%D8%AD).
Depuis lors, Israël a établi de facto une zone de sécurité dans la région, procédant à des patrouilles régulières, à l’installation de points de contrôle et à des opérations de ratissage et de perquisition dans plusieurs villages syriens.
Contexte des pourparlers et enjeux régionaux
L’incident survient alors que Damas et Tel-Aviv participent à des pourparlers sous médiation américaine visant à désamorcer les tensions dans le sud de la Syrie.
La Syrie espère qu’un arrangement sécuritaire ouvrira la voie, à terme, à des négociations politiques plus larges. La situation reste néanmoins fragile et s’inscrit dans le contexte plus large du conflit syrien, où les dynamiques locales et les intérêts régionaux se superposent.
Principaux éléments à retenir :
- La Syrie accuse Israël d’avoir déployé 60 soldats autour du Mont Hermon et de violer sa souveraineté.
- Israël parle d’une opération « routinière » et relate la rétention d’une personne pour interrogatoire.
- La présence israélienne vise, selon Tel-Aviv, à répondre à des menaces sécuritaires et à protéger certaines communautés locales.