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Téhéran a accusé ouvertement Israël d’œuvrer à la déstabilisation du pays, affirmant que la République islamique se trouve « au cœur d’une guerre et d’une conspiration ». Ces déclarations interviennent alors que les manifestations anti‑gouvernementales s’étendent malgré des coupures récurrentes d’accès à Internet.
Accusations officielles et appel à l’unité
Dans un communiqué, l’état‑major iranien a affirmé que « l’ennemi » tente de saper la stabilité nationale « par une nouvelle conspiration, soutenue par l’entité sioniste ».
Les autorités ont appelé la population à « rester vigilante et unie » afin de contrer ces manœuvres, ajoutant que l’armée et les autres forces armées surveillent les mouvements ennemis dans la région et répondront avec fermeté à toute tentative d’ingérence.
Par ailleurs, le secrétaire du Conseil national de sécurité iranien a déclaré que l’État hébreu porte la responsabilité de la situation actuelle et a estimé qu’il n’existe ni paix ni cessez‑le‑feu dans ce contexte.
Allégations d’ingérence américaine
À New York, l’ambassadeur d’Iran auprès des Nations unies, Amir Saïd Iravani, a tenu le Conseil de sécurité informé, accusant les États‑Unis d’avoir transformé des manifestations pacifiques en actes violents et destructeurs.
Selon lui, Washington, en coordination avec Israël, userait de menaces, d’incitations et d’encouragements destinés à déstabiliser la République islamique. Le message transmis au Conseil dénonçait un comportement « illégal et irresponsable » de la part des autorités américaines.
Sur la scène politique américaine, le sénateur Marco Rubio a exprimé son soutien au « peuple iranien courageux », tandis que le président américain a prévenu qu’une intervention pourrait être envisagée si Téhéran réprimait violemment les manifestants.
Rôle attribué au Corps des Gardiens
Les services de renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution ont affirmé que l’ennemi a changé de stratégie, abandonnant l’option d’une attaque militaire au profit d’une volonté de déstabiliser l’ordre intérieur en attisant des émeutes.
Ils ont assuré que cette opération serait conduite selon un calendrier précis, sous la direction de services de renseignement étrangers et par l’activation de groupes qualifiés de « terroristes ».
Les services ont aussi pointé du doigt l’ingérence de responsables politiques étrangers et le rôle d’organisations extérieures dans la forme actuelle des protestations.
Manifestations et situation sur le terrain
Les manifestations, déclenchées initialement par la hausse des prix et la dégradation des conditions de vie, se sont amplifiées à travers le pays. Les protestataires ont dénoncé la baisse du pouvoir d’achat, alors que le rial a fortement chuté et que le dollar a enregistré une hausse notable durant le mois de décembre.
Des vidéos diffusées par des militants montrent des rassemblements dans plusieurs quartiers de la capitale ainsi que dans d’autres villes importantes. Les autorités ont parallèlement maintenu une présence sécuritaire renforcée et des coupures d’Internet se sont poursuivies.
- Villes concernées : Téhéran, Ispahan, Machhad, Kermanshah, Arak, Babol, Chiraz, Hamedan, Qom et Ahvaz.
Les forces de l’ordre ont indiqué que 270 de leurs membres avaient été blessés lors des affrontements. Par ailleurs, selon des estimations officielles citées par les autorités, l’inflation aurait augmenté de 43 % entre mars et décembre de l’année dernière, tandis que certains experts évoquent un taux réel pouvant atteindre 60 %.
Réactions internationales
Dans le même temps, des dirigeants européens ont exprimé leur inquiétude face au recours présumé à une force excessive par les forces de sécurité iraniennes. Les gouvernements de France, du Royaume‑Uni et d’Allemagne ont fait part de leur préoccupation et ont condamné les violences contre des manifestants.
Des ministres des Affaires étrangères, notamment d’Australie et du Canada ainsi que des représentants de l’Union européenne, ont demandé aux autorités iraniennes de cesser immédiatement l’usage disproportionné de la force et d’assurer la protection des populations.
De son côté, le porte‑parole du département d’État américain a qualifié d' »infondées » certaines allégations iraniennes concernant une orchestration extérieure des manifestations, alors que Washington répète son soutien au droit de manifester pacifiquement.