Accueil ActualitéSécurité et défenseUtilisation de la reconnaissance faciale mobile par ICE pour accélérer les arrestations

Utilisation de la reconnaissance faciale mobile par ICE pour accélérer les arrestations

par Marie
États-Unis

Les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) intensifient l’usage d’une application de reconnaissance faciale mobile pour identifier instantanément les individus sur le terrain. Utilisé plus de 100 000 fois, cet outil technologique controversé est devenu le fer de lance de la stratégie d’arrestations massives de l’administration Trump.

La reconnaissance faciale mobile au service des arrestations

Dans le cadre du durcissement de la politique migratoire américaine, les officiers de l’ICE ont massivement déployé une application gouvernementale baptisée Mobile Fortify. Cet outil permet aux agents de prendre une photo du visage d’un suspect à l’aide de leur téléphone portable pour accéder, en quelques secondes, à son identité, sa localisation et son statut migratoire.

L’administration vante l’efficacité de cette technologie mobile, affirmant qu’elle a déjà été activée plus de 100 000 fois. Selon les officiels, ce système accélère les procédures d’arrestation tout en limitant les erreurs d’identification sur des personnes en situation régulière. Cependant, cette capacité de surveillance accrue soulève une levée de boucliers chez les défenseurs des libertés civiles.

Un budget record pour une technologie en expansion

Initialement développé par le service des douanes (CBP) sous le mandat de Joe Biden pour sécuriser les ports d’entrée, l’usage de Mobile Fortify a été réorienté et étendu sous la présidence de Donald Trump. Le président, qui a promis de mener le plus grand programme d’expulsion de l’histoire des États-Unis, s’appuie sur des moyens financiers colossaux.

Avec une allocation supplémentaire de 75 milliards de dollars (environ 71 milliards d’euros) votée par le Congrès, l’ICE est désormais l’agence de maintien de l’ordre la mieux financée du pays. Cette manne budgétaire permet non seulement le déploiement de la reconnaissance faciale, mais aussi l’expérimentation de scanners oculaires et le recours à l’intelligence artificielle pour localiser les migrants.

Inquiétudes sur la vie privée et la surveillance

L’utilisation de Mobile Fortify sur le terrain suscite de vives inquiétudes quant au respect de la vie privée. Lors d’une opération en Floride rapportée par le Wall Street Journal, un agent a pu vérifier le statut judiciaire d’un individu simplement en le scannant, évoquant l’accès à des bases de données croisées.

Si des agents sur le terrain ont mentionné l’accès aux réseaux sociaux, le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a formellement démenti, assurant que l’application ne pratique pas de collecte de données en source ouverte (« scraping ») et reste strictement encadrée par la loi. Cette assurance ne convainc pas l’ACLU (Union américaine pour les libertés civiles), qui dénonce une dérive dangereuse permettant de scanner les visages des passants ou des automobilistes sans leur consentement.

Fiabilité technique et opposition politique

Au-delà de la surveillance, la fiabilité de la technologie pose question. Des outils similaires, comme l’application CBP One, ont par le passé montré des défaillances, peinant notamment à reconnaître les personnes à la peau foncée. Face à ces risques, plusieurs sénateurs démocrates, dont Bernie Sanders et Adam Schiff, ont exigé l’arrêt immédiat de l’utilisation de Mobile Fortify, qualifiant l’outil de menace pour les libertés civiles.

Source: https://www.independent.co.uk/news/world/americas/us-politics/ice-facial-recognition-technology-arrests-b2894794.html

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