Les autorités reconnues internationalement au Yémen ont lancé vendredi une opération visant à reprendre le contrôle des camps militaires à Hadramout de manière organisée et pacifique. Le gouverneur de la province, Salem al-Khanbashi, a annoncé l’opération dite « prise des camps », destinée à transférer les emprises militaires aux forces locales sans affrontements, au moment où des tensions politiques régionales s’accentuent.
Parallèlement aux annonces locales, des frappes aériennes ont été signalées sur des positions liées au Conseil de transition du Sud (STC) dans la région, selon des déclarations des autorités militaires. Les responsables gouvernementaux disent viser à sécuriser les axes et empêcher la mise en place d’embuscades contre les unités chargées de l’opération.
Les propos du gouverneur ont été interprétés comme une tentative de maintenir l’affaire dans un cadre politique encadré, tout en imputant la responsabilité des actions unilatérales à la direction du STC. L’enjeu est de préserver l’autorité de l’État sur des questions souveraines telles que l’exploitation des aéroports et d’éviter toute intervention hors du consensus.
Nomination et messages
La désignation de Salem al-Khanbashi à la tête des forces « Bouclier de la Patrie » à Hadramout a été présentée comme un signal politique fort : ces unités relèvent désormais du commandement local et disposent d’un mandat pour rétablir l’ordre. Selon des analyses, cette coordination renforce le scénario d’une opération encadrée par les autorités provinciales avec le soutien du conseil présidentiel national.
Les responsables insistent sur le fait que l’opération doit être perçue comme une « remise » et non comme une « reprise » forcée des lieux, afin de privilégier la négociation et d’éviter un affrontement armé. L’objectif affiché est de stabiliser la réalité militaire sur le terrain sans empiéter sur les questions civiles, et d’ouvrir des voies de dialogue avec les composantes méridionales imperméables aux actes unilatéraux.
- Renforcement du commandement local sous le gouverneur.
- Priorité à une remise pacifique des camps et à la prévention du chaos.
- Définition d’une « ligne rouge » sur les questions souveraines comme les aéroports.
Le processus a commencé
Des journalistes spécialisés confirment que l’opération de « remise » des camps à Hadramout a débuté, avec pour consigne explicite d’éviter les engagements meurtriers et de traiter toutes les composantes comme parties prenantes yéménites. Les autorités locales assurent procéder par étapes et privilégier les arrangements avec certains cadres du STC pour réduire les risques.
Selon des témoins et responsables locaux, des tentatives de coordination entre l’administration provinciale, le gouvernement et des éléments du STC ont eu lieu, mais n’ont pas permis d’aboutir à un accord global. Des fractions au sein du STC auraient rejeté certaines modalités, compliquant la mise en œuvre et rendant l’avenir de l’opération dépendant de la réaction des dirigeants du mouvement dans les heures à venir.
Par ailleurs, le retrait de certaines forces liées à des opérations antérieures a facilité une reprise partielle du contrôle dans certains secteurs, après une période d’instabilité et d’incidents, notamment des pillages ponctuels. Malgré cela, des poches de présence du STC subsistent sur le littoral et restent susceptibles d’influer sur le cours des événements.