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Lundi 5 octobre 2026 Mis à jour à 21 h 50

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Effets de la canicule sur l'économie française : BTP, transports et agriculture, illustration du 22 juin 2026.
Crédit : France 24

Canicule : 42 °C à Saintes, 43,3 °C dans le Cher — 54 départements en vigilance rouge, jusqu’à 7 % de PIB menacé d’ici 2030

Par Lina 3 min de lecture 3 sources

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Lundi 22 juin 2026, Météo-France a relevé plusieurs records absolus de température sur l’Hexagone. À 18 heures, on mesurait 40,6 °C à Rennes, 40,9 °C à Angers, 41,2 °C à Poitiers, 41,6 °C à Niort, 41,9 °C à Bordeaux et 42 °C à Saintes. Le maximum a été enregistré à Chateaumeillant, dans le Cher, avec 43,3 °C. La nuit du 21 au 22 juin a elle aussi été exceptionnellement chaude : 24,8 °C à Tours, 24,6 °C à Poitiers, 24,1 °C à Bourges ou encore 23,4 °C à Blois.

Au total, 54 départements sont placés en vigilance rouge canicule pour la journée de mardi, selon un décompte de l’Agence France-Presse repris par franceinfo. Quelque 38,8 millions de personnes vivent dans ces départements, soit plus de 90 % de la population française sous vigilance orange ou rouge.

Écoles, transports et bilan humain

Le ministre de l’Éducation nationale a fait état, lundi, de 1 352 écoles ou établissements scolaires fermés « essentiellement des écoles », et de 4 442 ayant procédé à des aménagements d’horaires ou de locaux. En Île-de-France, Ile-de-France Mobilités a annoncé que seuls neuf trains sur dix circuleraient mardi sur le réseau Transilien ainsi que sur les RER C, D et E ; les RER A et B pourraient voir leur vitesse réduite dans la journée.

La préfecture de la Gironde a confirmé le décès, dimanche, de trois personnes âgées à leur domicile, en raison des fortes chaleurs. Le porte-parole national de la sécurité civile a par ailleurs recensé treize décès par noyade depuis samedi soir sur l’ensemble du pays, dans un contexte de recherche active de fraîcheur près des points d’eau.

Un coût économique chiffré à 210 milliards d’euros

Au-delà de l’urgence sanitaire, l’épisode a un retentissement macro-économique. Une étude publiée par Allianz Trade et reprise lundi par France 24 estime les pertes pour l’économie française à 210 milliards d’euros sur la période 2026-2030, soit l’équivalent d’une perte de 5 à 7 % de PIB cumulé. La canicule affecte tous les secteurs, à des degrés divers :

  • Agriculture. L’épisode de 2003 avait entraîné une hausse de 20 % des prix des fruits et légumes, les rendements s’étant effondrés.
  • BTP. Les ouvriers ne peuvent guère s’abriter sur les chantiers ; les cadences ralentissent, les arrêts se multiplient.
  • Transports. Les compagnies aériennes annulent des vols en raison de pistes qui fondent ou d’une portance réduite ; le réseau ferré souffre de la déformation des rails et du matériel vieillissant.
  • Consommation. Les Français se terrent à l’ombre, ce qui réduit les dépenses dans les commerces, la restauration et le tourisme.

Dans le même temps, les moyens publics dédiés à l’adaptation régressent : le fonds vert, créé en 2023, a vu sa dotation réduite à 837 millions d’euros en 2026 — moitié moins qu’à sa création, dont 20 % du budget avait été utilisé pour adapter le foncier de l’État, y compris les écoles.

Pourquoi les seuils d’alerte varient d’un département à l’autre

Météo-France définit la canicule comme un « épisode de températures élevées, de jour comme de nuit, sur une période prolongée ». Mais le seuil de déclenchement de l’alerte n’est pas uniforme : il est calibré selon les capacités d’adaptation de chaque territoire. Ainsi, à Paris le seuil est fixé à 31 °C le jour et 21 °C la nuit, à Lyon à 34 °C et 20 °C, dans le Nord à 33 °C et 18 °C, dans les Deux-Sèvres à 35 °C et 20 °C.

Cette notion de seuil n’existait pas avant la canicule de 2003, qui a causé près de 15 000 morts. Le système d’alerte actuel combine un indicateur bio-météorologique (IBM — températures minimales et maximales moyennées sur trois jours) à d’autres critères comme les départs de feux, la sécheresse des sols ou la fréquentation des services de soins. C’est l’addition de ces indicateurs, et non la seule température, qui fait basculer un département de l’orange au rouge.

Les 3 sources

  1. 1franceinfo — Alerte canicule : 40,6 °C à Rennes, 41,9 °C à Bordeaux, 42 °C à Saintesfranceinfo.fr
  2. 2France 24 — Canicule : coup de chaud sur l’économie, le PIB impacté par les fortes chaleursfrance24.com
  3. 3Le Monde — Canicule : quel est le seuil d’alerte de votre département ?lemonde.fr

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