La baisse des naissances ne se limite plus à une tendance statistique : elle se voit déjà dans les classes. Une note du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan rendue publique le 4 septembre prévoit que ses effets atteindront progressivement l’enseignement supérieur puis le marché du travail. Les réponses évoquées restent des leviers proposés, non des mesures entrées en vigueur.
Le Haut-Commissariat au Plan alerte sur une baisse durable des naissances
La France est entrée dans un « nouveau régime démographique », estime l’économiste Maxime Sbaihi dans cette note. Le constat repose sur une baisse continue et marquée des naissances depuis plus de dix ans, qui modifie les perspectives économiques à moyen terme.
L’Insee a par ailleurs fait état en 2025, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, d’un solde naturel négatif sur douze mois glissants. Autrement dit, les décès ont été plus nombreux que les naissances sur la période observée.
La note ne décrit pas un basculement soudain du marché de l’emploi. Elle met en avant une succession d’effets : les générations moins nombreuses passent d’abord par l’école, avant d’atteindre l’enseignement supérieur puis la population en âge de travailler.
Des écoles au marché du travail, les effets se décalent dans le temps
Le premier effet chiffré concerne le primaire. Les écoles ont perdu plus d’un demi-million d’élèves en dix ans et pourraient en perdre 284 000 supplémentaires d’ici à 2028, selon les chiffres de la note rapportés par Franceinfo.
Le recul devrait ensuite toucher l’enseignement supérieur à partir de 2029, avec une baisse annoncée comme plus marquée à compter de 2033. Ce calendrier traduit le décalage entre la baisse des naissances et l’arrivée des générations concernées aux différents niveaux d’enseignement.
Sur le marché du travail, la population active continue encore d’augmenter, mais à un rythme plus faible. À politique inchangée, la note anticipe une décroissance au cours de la prochaine décennie. Il s’agit d’une projection du Haut-Commissariat, et non d’une baisse déjà constatée de la population active.
Travail, automatisation et immigration : des leviers avancés, pas une politique adoptée
Pour répondre à ce ralentissement, la note résume les options envisagées par la formule « travailler plus, automatiser davantage, accueillir mieux ». Elle met en avant une « marge de hausse non négligeable du taux d’activité et d’allongement du temps de travail sur toute la durée de la vie ».
Le développement de la robotique dans plusieurs secteurs est également présenté comme un moyen d’« amortir le choc ». Enfin, Maxime Sbaihi estime que la France « gagnerait » à se doter d’une stratégie d’immigration de travail.
Dans la note, ces orientations sont formulées comme des leviers. Elles ne constituent pas, à ce stade, des mesures dont l’entrée en vigueur ou les modalités d’application seraient annoncées.
Une question liée au financement du modèle social
La démographie intervient dans le débat sur le modèle social parce que celui-ci repose largement sur la redistribution et la répartition. Un rapport du Haut-Commissaire au Plan publié en mai 2021 présentait le ratio entre actifs et non-actifs comme un pilier de ce système, notamment pour les retraites, la santé, le chômage et l’éducation.
Ce rapport avançait deux axes généraux : soutenir la natalité et accueillir des personnes venues d’autres pays. Il abordait le financement du modèle social à long terme, tandis que la note rendue publique le 4 septembre décrit plus précisément le calendrier attendu de la baisse des effectifs scolaires et du ralentissement de la population active.