Le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) a reçu 1 044 demandes en 2025, soit 6,8 % de plus qu’en 2024 : c’est la première année où il dépasse le seuil des 1 000 dossiers, selon son rapport annuel relayé par TF1info/AFP. Ce chiffre mesure des saisines, pas autant de décisions favorables ni de personnes indemnisées. Il éclaire surtout l’activité d’un dispositif qui distingue les expositions professionnelles de certains cas d’exposition prénatale.

Le seuil des 1 000 demandes franchi en 2025

Le passage à 1 044 demandes intervient après les 978 dossiers reçus en 2024. TF1info/AFP rapporte également qu’au cours de sa première année pleine de fonctionnement, en 2021, le fonds avait reçu plus de 300 demandes, puis près de 700 en 2023. Le site du FIVP affiche désormais un rapport d’activité 2025, daté du 3 septembre 2026.

Cette progression ne permet pas, à elle seule, de conclure à une hausse de l’exposition aux pesticides ni du nombre de maladies liées aux pesticides. Les sources disponibles documentent le volume des dossiers adressés au fonds ; elles ne donnent ni le nombre de personnes distinctes concernées ni le délai moyen de traitement.

Des demandes principalement liées à l’exposition professionnelle

Selon TF1info/AFP, 20 des demandes reçues en 2025 concernaient des enfants exposés durant la période prénatale. Les autres provenaient majoritairement de victimes exposées dans le cadre de leur activité professionnelle.

Le périmètre du dispositif

La MSA indique que le fonds indemnise des personnes atteintes d’une maladie d’origine professionnelle liée à une exposition aux pesticides. Le dispositif prévoit aussi des voies pour des enfants exposés pendant la période prénatale du fait de l’exposition professionnelle d’un ou des deux parents, ainsi que pour leurs ayants droit dans les conditions qu’elle précise. Il ne se présente donc pas comme un mécanisme ouvert à toute situation d’exposition.

Le profil décrit dans le rapport, sans en faire une carte de l’exposition

Selon les données du rapport annuel rapportées par TF1info/AFP, les demandeurs sont à 92,5 % des hommes et la part des retraités augmente. Les secteurs les plus représentés sont la polyculture-élevage (30 %), les cultures céréalières, légumineuses ou industrielles (13,4 %) et la viticulture (12,6 %).

Le rapport, toujours selon TF1info/AFP, relève davantage de demandes dans le nord, notamment dans les zones Armorique, Maine-et-Loire et Bourgogne. Il indique aussi que le cancer de la prostate demeure l’affection prédominante parmi les demandes. Ces données décrivent les dossiers du fonds : elles ne permettent pas d’établir une incidence régionale ni une causalité géographique.

Prestations, accords et refus : trois compteurs différents

Les prestations versées au titre de la réparation des dommages ont atteint 25,9 millions d’euros en 2025, en hausse de 35,5 % sur un an, rapporte TF1info/AFP. Le même bilan fait état de 795 accords de demandes et de 180 refus, ainsi que d’un recours inédit aux réserves financières pour payer les prestations.

Ces données ne sont pas interchangeables. Les accords et les refus ne sont pas rattachés, dans les sources fournies, aux seuls 1 044 dossiers reçus cette année-là ; il serait donc trompeur d’en déduire un taux d’acceptation annuel. De même, le montant versé ne correspond pas nécessairement aux seules demandes déposées en 2025. Le recours aux réserves ne permet pas non plus de qualifier la situation financière future du fonds.

Deux circuits de saisine décrits par la MSA

Pour les demandes liées à une exposition professionnelle, la MSA indique qu’elles sont en principe adressées à la caisse qui verse les frais de santé lorsque celle-ci est compétente. Les demandes concernant les enfants exposés de façon prénatale et leurs ayants droit sont, elles, adressées directement au FIVP. Cette répartition décrit les circuits annoncés par l’organisme ; elle ne permet pas de déterminer l’éligibilité d’une situation individuelle.

Sources