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L’impact de la technologie et de l’IA dans l’éducation en Jamaïque

par Marie
Jamaïque

Alors que l’intégration du numérique à l’école est devenue une priorité mondiale, la Jamaïque s’interroge sur la juste place à accorder à la technologie éducative. Entre la crainte d’une distraction cognitive accrue et la nécessité de préparer les élèves à un avenir dominé par l’IA, le système éducatif de l’île cherche son équilibre en observant les modèles divergents de l’Europe et de l’Asie.

Le débat sur la place des écrans et de l’intelligence artificielle dans les salles de classe ne cesse de s’intensifier. Bien qu’il n’existe pas encore de données exhaustives sur l’utilisation des systèmes intelligents par les écoliers jamaïcains, la question de la surcharge technologique préoccupe déjà les experts. Le journal The Gleaner souligne la nécessité d’une approche prudente, refusant à la fois le rejet total du progrès et l’adoption aveugle d’outils numériques sans validation pédagogique rigoureuse.

L’appel à la prudence des éducateurs jamaïcains

Des voix influentes du secteur éducatif, telles que Linvern Wright et Mark Malabver, ont récemment tiré la sonnette d’alarme. Ils exhortent les décideurs à ne pas saturer l’enseignement de gadgets sans une analyse approfondie de leur impact réel sur les résultats scolaires.

Linvern Wright, directeur de la William Knibb High School et président de l’Association jamaïcaine des directeurs d’écoles secondaires, met en garde contre l’illusion de l’efficacité technologique. Selon lui, la réponse dopaminergique — le plaisir immédiat — provoquée par les écrans est souvent confondue avec un véritable apprentissage. « Les gadgets présentent souvent plus de défis qu’ils ne résolvent de problèmes », affirme-t-il, soulignant que sans une organisation pédagogique adéquate, la technologie devient une source majeure de distraction.

M. Wright insiste également sur les conséquences cognitives : l’utilisation massive des ordinateurs réduit la pratique de l’écriture manuscrite, ce qui pourrait affecter négativement le développement cérébral et la mémoire des élèves. Il plaide pour un réinvestissement massif dans la formation des enseignants plutôt que dans l’achat d’équipements coûteux.

Un débat mondial : retour aux fondamentaux ou accélération technologique ?

Mark Malabver, président de la Jamaica Teachers’ Association (JTA), rejoint cette analyse en citant les tendances observées en Europe. Il note que la recherche actuelle pointe vers une perte des capacités de pensée critique et de résolution de problèmes due à une dépendance excessive à la technologie.

Cette réflexion locale s’inscrit dans un contexte international polarisé :

  • Le modèle scandinave : La Suède et le Danemark ont récemment réorienté leur politique éducative pour les plus jeunes, remettant l’accent sur les livres imprimés et l’écriture manuscrite. L’objectif n’est pas d’abandonner le numérique, mais de s’assurer que les bases (lecture, écriture, calcul) sont solidement acquises avant d’introduire des outils digitaux.
  • Le modèle asiatique : À l’inverse, des pays comme la Chine, le Japon et la Corée du Sud misent tout sur l’innovation pédagogique par l’IA. La Chine ambitionne d’introduire l’éducation à l’IA dans toutes les écoles d’ici 2030, tandis que le Japon a vu l’usage des manuels numériques passer de 8 % à 88 % en quatre ans.

Pour la Jamaïque, dont le système éducatif primaire fait face à des défis importants en matière d’alphabétisation, ces exemples étrangers offrent des pistes de réflexion cruciales. L’enjeu reste de définir une stratégie nationale qui utilise la technologie comme un levier de croissance, sans sacrifier les compétences fondamentales indispensables au développement intellectuel des enfants.

Source: https://jamaica-gleaner.com/article/commentary/20260106/editorial-technology-ai-schools

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