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Le sommet prévu entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ce mois-ci suscite des inquiétudes majeures chez les conservateurs britanniques. Selon eux, les ambitions de Sir Keir Starmer pour un « sommet de reddition » risquent de mettre en péril la conclusion d’un accord commercial complet et avantageux avec les États-Unis.
Un accord US jugé insuffisant par les conservateurs
Le porte-parole de l’opposition pour le commerce, Andrew Griffith, a critiqué l’accord commercial signé avec l’administration de Donald Trump, le qualifiant de « loin d’être complet ». Il souligne que les exportateurs britanniques font désormais face à des droits de douane plus élevés qu’au début de l’année. Cette situation, selon lui, fragilise la position du Royaume-Uni sur la scène commerciale internationale.
Andrew Griffith met également en garde contre un rapprochement trop étroit avec Bruxelles, qui pourrait compromettre les perspectives d’un accord plus large avec les États-Unis ainsi qu’avec d’autres grandes économies mondiales.

Pressions pour un rapprochement avec l’Union européenne
La gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a provoqué une vive polémique en appelant le gouvernement britannique à faire « tout ce qui est possible » pour parvenir à un accord commercial rapproché avec l’Union européenne. Cette déclaration intervient quelques jours avant le premier sommet UK-UE qui se tiendra à Londres le 19 mai.
Le Premier ministre, récemment réuni avec les leaders de la Force expéditionnaire conjointe à Oslo, devra aborder ce dossier commercial crucial lors de ce sommet. Selon Andrew Griffith, il est légitime d’essayer de réduire les « frictions » dans les échanges avec l’UE, mais cela ne doit pas se faire au détriment de la capacité britannique à obtenir un accord de libre-échange complet avec les États-Unis.
Il insiste : « Le gouvernement ne doit pas aborder ce sommet de reddition en renonçant à la pêche, en rouvrant la libre circulation des personnes, ni en s’alignant trop étroitement aux normes européennes, au risque de compromettre ces agendas essentiels. »
Alignement réglementaire et autres concessions envisagées
Cette semaine, le ministre chargé du Brexit, Nick Thomas-Symonds, a confirmé que le gouvernement est prêt à s’aligner de manière permanente sur certaines règles européennes, notamment dans le secteur agricole, en échange d’un partenariat commercial renforcé. Cette démarche pourrait toutefois réduire la marge de manœuvre du Royaume-Uni dans la négociation d’accords commerciaux avec d’autres pays.
Parmi les concessions potentielles figurent également un « accord sur la mobilité des jeunes », autorisant des dizaines de milliers de jeunes Européens à vivre et travailler temporairement au Royaume-Uni. Par ailleurs, les ministres seraient disposés à satisfaire les demandes françaises en permettant aux chalutiers européens un accès à long terme aux zones de pêche britanniques.
Réactions à l’accord post-Brexit et perspectives commerciales
Le gouverneur Andrew Bailey a réaffirmé hier sur la BBC que les ministres font bien de chercher à renforcer leurs liens commerciaux avec Bruxelles. En revanche, l’ancien ministre du Brexit, Lord Frost, a émis des doutes sur l’analyse positive des échanges post-Brexit avec l’UE, la qualifiant de « discutable ».
Le gouvernement a publié hier les détails du récent accord conclu avec les États-Unis, dévoilant un document de seulement cinq pages, qui ne constitue pas un accord juridiquement contraignant pour le moment. Cette signature laisse en suspens de nombreuses interrogations, notamment pour les secteurs de l’acier et de l’agriculture, directement concernés par ce traité.

Downing Street affirme que les ministres poursuivent les négociations afin de parvenir à un accord qui pourrait devenir juridiquement contraignant. Darren Jones, secrétaire en chef au Trésor, a défendu la rapidité de la conclusion de cet accord initial, assurant que le gouvernement est confiant dans sa capacité à négocier simultanément des accords plus profonds avec les États-Unis et l’Union européenne.
Darren Jones a déclaré : « Nous sommes confiants de pouvoir réussir sur les deux fronts. »