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Gaza : des fillettes apprennent la boxe pour résister

Gaza : des fillettes apprennent la boxe pour résister

Par Sara 2 min de lecture 1 source Palestine (Gaza)

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À Khan Younis, des fillettes déplacées frappent des sacs de sable suspendus entre les piquets des tentes, transformant leurs coups en une réponse silencieuse à deux années de guerre et de destructions. Là où des clubs sportifs existaient, il ne reste que des décombres; pourtant, la boxe à Gaza est devenue pour ces jeunes une échappatoire et une arme symbolique contre la peur. Ces entraînements, menés sans équipement adéquat, mêlent apprentissage technique et besoin urgent de résilience psychologique.

Un entraînement lancé dans l’urgence

Les séances ont débuté dans des conditions quasi inexistantes : pas de tapis, pas de gants, et des sacs remplacés par des housses remplies de sable. Le coach Osama Ayoub se souvient que leur club dédié à la discipline a été incendié par les forces israéliennes pendant les phases les plus intenses du conflit, obligeant les entraînements à s’installer entre les tentes des déplacés. Peu à peu, et malgré les lacunes matérielles, quelques équipements récupérés au milieu des ruines ont permis d’améliorer légèrement la pratique.

Façonner des caractères au milieu des décombres

Pour le coach, l’objectif dépasse la simple maîtrise d’un sport : il s’agit de forger la personnalité de ces jeunes filles, de leur rendre de l’assurance et de l’énergie positive. Ainsi, la boxe à Gaza n’est plus seulement un exercice physique, mais un outil pour affronter l’anxiété générée par les bombardements et l’instabilité du quotidien. Entre encouragments et exercices, les compétitions amicales qui s’organisent entre les tentes créent un rare espace de normalité et de camaraderie.

Rêves et persévérance malgré la destruction

Parmi les pratiquantes, Ghazal Radwan, arrivée à al-Mawasi après son déplacement depuis le camp de Jabalia, confie rêver de devenir championne mondiale et de porter un jour le drapeau palestinien sur un podium international. De son côté, Mayar Ayoub, qui avait commencé la boxe avant la destruction de leur salle, insiste sur le fait que la perte des installations n’a pas stoppé leur engagement ; au contraire, le manque a servi de moteur pour continuer. Ces ambitions collectives témoignent d’une volonté de dépasser l’espace de l’urgence pour imaginer un avenir où le sport retrouve sa place.

Un secteur sportif à l’arrêt, des initiatives qui résistent

Les statistiques locales font état de centaines d’infrastructures sportives détruites à travers la bande de Gaza, paralysant les activités officielles. En l’absence de structures publiques opérationnelles, ce sont des initiatives locales, souvent portées par des entraîneurs isolés, qui maintiennent un minimum d’activités pour les enfants et les jeunes. Ainsi, ces séances de boxe à Gaza, modestes mais déterminées, incarnent une forme de résistance : chaque coup porté contre un sac de sable est aussi une affirmation de la volonté de vivre et de se reconstruire.

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