Un accord « global » entre Damas et les Kurdes a été annoncé, prévoyant l’intégration des forces kurdes et de l’administration autonome dans l’État syrien, après un lourd revers subi par les Forces démocratiques syriennes (FDS). Selon les textes, les forces de sécurité de Damas vont se déployer dans Hassaké et Qamichli, et les forces kurdes resteront regroupées au sein de trois brigades de l’armée syrienne. Les FDS se sont repliées vers Hassaké et Kobané, alors que les autorités islamistes, qui ont renversé Bachar al-Assad en décembre 2024, entendent étendre leur pouvoir sur l’ensemble du territoire.

Damas et Kurdes annoncent un accord global
Le texte a été d’abord annoncé par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), puis par la chaîne de télévision officielle syrienne, selon l’accord. Cet accord intervient après que les FDS ont subi un revers face à l’armée syrienne, et ont dû céder de larges pans du nord et du nord‑est du pays sous pression militaire.
Selon le texte de l’accord, «les forces relevant du ministère de l’Intérieur vont entrer dans le centre des villes de Hassaké et Qamichli», les bastions kurdes. Le dispositif prévoit aussi que les FDS restent regroupées au sein d’une division de l’armée syrienne, composée de trois brigades, et que Kobané, plus à l’ouest, seront constituées en une brigade relevant de l’armée. Kobané, séparée territorialement de la zone autonome et ville symbole de la victoire des combattants kurdes contre les djihadistes de l’EI, est actuellement cernée par l’armée.
L’accord porte un coup aux espoirs d’autonomie des Kurdes, qui avaient instauré une zone autonome dans le Nord et le Nord‑Est durant la guerre civile (2011‑2024).
Parcours et implications pour le territoire et les administrations
Le texte prévoit que les administrations de la zone autonome seront intégrées au sein des institutions de l’État syrien, et les employés civils seront maintenus dans leurs fonctions, selon le texte.
Le texte précise aussi la consolidation du cessez-le-feu et le retrait des forces militaires des points de contact. Des concessions existent: Kobané sera constituée en une brigade relevant de l’armée; les administrations de la zone autonome seront intégrées au sein des institutions de l’État syrien, et les employés civils seront maintenus.
Des réactions internationales ont suivi, dont Emmanuel Macron qui a déclaré: « félicité » le président syrien et le général Mazloum Abdi, pour leur « accord global permettant un cessez-le-feu permanent », et a affirmé que « la France appuiera sa pleine mise en œuvre ». Sur X, Elham Ahmed, haute dirigeante de l’administration autonome, a exprimé sa « profonde gratitude » envers les médiateurs, notamment « les États-Unis et la France, qui ont déployé des efforts considérables » afin de parvenir à cet accord. Une source de l’Élysée avait souligné jeudi que la France a déployé « beaucoup d’efforts diplomatiques pour pousser vers un accord, à commencer par le président » qui « a eu à plusieurs reprises depuis le 10 janvier le président ».
