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L’Union européenne a reconnu le gouvernement syrien comme « principale autorité » en matière de lutte contre le terrorisme en Syrie, a déclaré la commissaire européenne Dubravka Šuica lors d’une séance du Parlement européen consacrée aux derniers développements dans le nord‑est du pays. Cette reconnaissance intervient alors que des forces syriennes se sont déployées autour de la ville de Hassaké et que des transferts de combattants de l’État islamique vers l’Irak ont été signalés.
Rôle de Damas et inquiétudes sécuritaires
Dubravka Šuica a souligné l’importance stratégique de la Syrie pour la sécurité régionale et européenne, en mettant en garde contre les « risques sécuritaires persistants ». Elle a notamment évoqué la possibilité d’un retour de l’organisation État islamique, à la suite du retrait annoncé des FDS de certains sites et du transfert de combattants.
Selon la commissaire, le transfert d’environ 2 250 éléments liés à l’EI vers l’Irak devrait alléger une partie de la pression sur la Syrie, mais « le fardeau pour le pays reste important ». Par conséquent, l’UE entend maintenir son soutien humanitaire tout en appelant à un renforcement du financement du développement et de la reconstruction.
Déploiement à Hassaké et mise en œuvre des accords
L’état‑major des opérations de l’armée syrienne a annoncé le début du retrait de ses forces des abords de la ville de Hassaké, au nord‑est du pays, accompagné du déploiement de forces de sécurité intérieure conformément à un accord conclu avec les Forces démocratiques syriennes (FDS).
Le gouvernement syrien rappelle qu’un accord signé le 18 janvier prévoyait un cessez‑le‑feu et l’intégration d’éléments des FDS dans les institutions de l’État. Les autorités indiquent cependant que des violations ont été constatées et que l’armée reste en alerte, « en surveillance et en phase d’évaluation » avant la prochaine étape.
Transferts de djihadistes et défis pour la stabilité
Le retrait partiel des FDS de certains camps, dont des mouvements signalés autour du camp al‑Hol, s’accompagne de transferts de détenus liés à l’EI. Les autorités ont évoqué le transfert d’environ 2 250 combattants vers l’Irak, mesure qui, selon Bruxelles, pourrait réduire certaines tensions locales.
Cependant, les responsables européens et syriens insistent sur le fait que l’aide humanitaire seule ne suffira pas à répondre à l’ensemble des besoins. Un financement accru pour la relance et la stabilisation est jugé nécessaire pour prévenir une résurgence du terrorisme et favoriser le retour à une normalité relative.
Coopération internationale et perspectives
Dubravka Šuica a rappelé l’engagement de l’UE à poursuivre la coopération avec la Syrie et ses partenaires régionaux afin de favoriser une transition globale et d’assurer la stabilité et la sécurité. La Syrie a, selon le gouvernement, rejoint en novembre dernier la coalition internationale contre l’État islamique, une étape mise en avant pour justifier une coopération accrue en matière de lutte antiterroriste.
Les responsables européens insistent toutefois sur la nécessité d’une approche multidimensionnelle : assistance humanitaire immédiate, financement du redressement économique et mesures politiques visant à l’inclusion de toutes les composantes de la société syrienne.
Tensions régionales : Israël et la souveraineté syrienne
La séance du Parlement européen a également abordé la question de la souveraineté syrienne. Le député européen Marc Botenga (groupe de la Gauche) a critiqué le rôle d’Israël, accusant l’État hébreu d’avoir profité des changements de régime pour affaiblir l’infrastructure militaire syrienne.
Par ailleurs, les représentants syriens dénoncent des frappes et des incursions répétées menées par l’armée israélienne sur le territoire syrien, ainsi que la poursuite de l’occupation d’une grande partie du plateau du Golan depuis 1967. Ces tensions compliquent, selon des habitants et des responsables, la restauration d’un environnement stable propice aux investissements et à la reconstruction économique.
Contexte local : lignes de front et conséquences
Sur le terrain, les affrontements entre l’armée syrienne et certaines formations dans l’est et le nord‑est ont laissé des traces visibles, notamment des véhicules détruits dans les zones ayant connu des combats autour de Hassaké. Les autorités affirment que l’accord visant à intégrer les institutions civiles et militaires dans la gouvernance locale doit contribuer à réduire les tensions et à garantir les droits de la population kurde dans le cadre d’une égalité entre tous les Syriens.
Les observateurs signalent cependant que la mise en œuvre complète de ces accords dépendra de garanties sur le terrain, de la continuité de l’aide internationale et de la volonté des acteurs locaux et régionaux de respecter les engagements pris.