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Thaïlande : le Premier ministre par intérim dissout le parlement

Par Sara 3 min de lecture 1 source Thaïlande

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Le Premier ministre par intérim, Phumtham Wechayachai, a soumis une requête en vue de la dissolution du parlement après que le principal parti d’opposition a décidé de soutenir un candidat rival pour diriger le pays. Cette démarche intervient à la suite d’une décision récente de la Cour constitutionnelle ayant entraîné la destitution de Paetongtarn Shinawatra.

Demande officielle et procédure

Le décret de dissolution de la chambre, déposé mercredi par le parti au pouvoir Pheu Thai, est désormais soumis à l’approbation royale. Sorawong Thienthong, secrétaire général du parti, a indiqué que la formalité avait été accomplie et attendait la signature du monarque pour prendre effet.

La demande marque une réponse politique rapide à une recomposition des alliances au parlement et vise à provoquer de nouvelles élections afin de clarifier la configuration du pouvoir.

Basculement de l’opposition et soutien à Anutin

Le virage est survenu après que le People’s Party, l’un des principaux partis d’opposition au parlement, a annoncé son soutien au parti Bhumjaithai pour former le prochain gouvernement. Natthaphong Ruengpanyawut, chef du People’s Party, a déclaré que les 143 députés de son groupe avaient « convenu de soutenir » le leader de Bhumjaithai, Anutin Charnvirakul, comme candidat au poste de Premier ministre.

Ce soutien est conditionné à la dissolution du parlement et à l’organisation d’élections dans un délai de quatre mois, selon les responsables du People’s Party. L’objectif affiché est de « rendre le pouvoir au peuple le plus rapidement possible ». Un vote parlementaire pour désigner un nouveau Premier ministre pourrait, selon eux, se tenir dès vendredi.

Profil du candidat Anutin Charnvirakul

Anutin Charnvirakul se présente avec l’appui d’au moins 146 députés selon ses propres déclarations, ce qui pourrait lui assurer la majorité nécessaire au parlement. Héritier d’une fortune liée au secteur du génie civil, il est un homme d’affaires conservateur qui a déjà occupé des fonctions ministérielles importantes.

Par le passé, Anutin a été vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et ministre de la Santé. En 2022, il s’est fait connaître en tenant sa promesse de légaliser le cannabis à usage récréatif, une réforme qui avait suscité un large débat national.

Anutin Charnvirakul quitte une conférence de presse au parlement, Bangkok, 3 septembre 2025

Anutin a affirmé son engagement à respecter les conditions posées par le People’s Party en cas d’accession au pouvoir.

Contexte de la destitution de Paetongtarn Shinawatra

Paetongtarn Shinawatra a été destituée vendredi dernier par la Cour constitutionnelle thaïlandaise. La décision faisait suite à un manquement aux standards d’éthique, lié à une conversation téléphonique controversée avec l’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen.

Peu après, un enregistrement audio de cet échange a été divulgué, ce qui a alimenté la controverse et précipité la décision judiciaire. La destitution a affaibli la coalition Pheu Thai, contraignant le parti à chercher rapidement des soutiens pour maintenir le contrôle du parlement.

Prochaines étapes et enjeux politiques

La procédure de dissolution et la rapidité des décisions politiques soulignent l’instabilité actuelle du paysage parlementaire. Si la dissolution est approuvée, elle déclenchera des élections anticipées, conformément à la demande du People’s Party, et relancera le débat public sur la légitimité et la direction du gouvernement.

Points clés à retenir :

  • Requête officielle de dissolution déposée par Pheu Thai et en attente d’approbation royale.
  • Le People’s Party promet 143 voix en faveur d’Anutin, qui affirme disposer de 146 soutiens.
  • Soutien conditionné à l’organisation d’élections dans les quatre mois suivant la dissolution.
  • La destitution de Paetongtarn suite à une affaire d’éthique liée à un appel téléphonique ayant fait l’objet d’une fuite audio.

La formule « dissolution parlement Thaïlande » revient désormais au centre des discussions politiques et médiatiques, alors que le pays se dirige vers une phase électorale potentiellement décisive pour son avenir institutionnel.

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