La Thaïlande a libéré 18 soldats cambodgiens détenus depuis juillet, dans le cadre d’un cessez-le-feu fragile entre les deux pays. « Je peux confirmer que nos 18 héroïques soldats sont arrivés sains et saufs sur le sol cambodgien vers 10h (03h TU) », a déclaré à l’AFP le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra. La diplomatie thaïlandaise a également confirmé cette libération, évoquant dans un communiqué une « démonstration de bonne volonté et d’instauration de confiance ». Après 20 jours de combats intenses, les deux royaumes d’Asie du Sud-Est ont conclu une trêve et se sont engagés à coopérer sur le déminage des zones frontalières et la lutte contre la cybercriminalité.

Libération des soldats et perspectives de désescalade
La libération des 18 soldats cambodgiens s’inscrit dans un contexte de cessez-le-feu fragile, qui prévoit le gel des positions pendant 72 heures et une coopération accrue entre les deux pays, notamment sur les déminages et la lutte contre la cybercriminalité, selon le correspondant à Bangkok, Valentin Cebron. L’événement est présenté comme un pas vers la désescalade, même si la méfiance reste forte entre les deux pays.
Pour autant, le cadre demeure instable: lundi 29 décembre, la Thaïlande a accusé le Cambodge de provocations, affirmant que des drones cambodgiens avaient survolé son territoire. Le lendemain, Bangkok annonçait le report de la libération des soldats, invoquant des violations présumées de l’accord. Phnom Penh a fermement rejeté ces accusations et semblait s’impatienter.
Contexte géopolitique et tensions frontalières
Les deux royaumes s’opposent de longue date sur le tracé de leur frontière de 800 kilomètres, décidé pendant la période coloniale française, et s’accusent mutuellement d’avoir déclenché la dernière escalade meurtrière. Un premier épisode d’affrontements en juillet avait déjà fait 43 morts en cinq jours avant qu’une trêve ne soit conclue.