Une frappe américaine en mer des Caraïbes contre un navire soupçonné d’appartenir à une organisation narcotrafiquante a fait trois morts, selon le ministère américain de la Défense. L’opération, menée dans les eaux internationales, a été documentée par Washington via une vidéo aérienne publiée par les autorités. Le gouvernement affirme que ces actions s’inscrivent dans la lutte contre des groupes qualifiés de terroristes et dont les activités visent à déstabiliser la région; toutefois, des experts et des pays partenaires mettent en doute la légalité et l’impact humanitaire de ces frappes.

Trois morts dans une nouvelle frappe américaine dans les Caraïbes
Selon les informations officielles, la frappe a été menée dans les eaux internationales et visait « un navire exploité par une organisation terroriste », comme l’a déclaré le ministre américain de la Défense Pete Hegseth, qui a diffusé sur X une vidéo aérienne de l’attaque. Le bilan initial communiqué ce 5 novembre était de trois morts; les détails restent partagés entre les sources et le dispositif militaire évoqué par Washington varie selon les rapports, certains mentionnant huit navires et des avions de chasse F-35 à Porto Rico, d’autres parlant de six navires et d’un porte-avions dépêché vers la zone. Des chiffres sur le bilan global de ces frappes évoluent: selon les autorités américaines, le bilan atteindrait au moins 70 morts et la destruction de 18 embarcations, sans apport de preuves des liens entre équipages et narcotrafic. » À tous les narcoterroristes qui menacent notre pays: si vous voulez rester en vie, arrêtez de vous livrer au trafic de drogues. Si vous continuez le trafic de drogues mortelles, nous vous tuerons « , a ajouté Pete Hegseth sur X.
Réactions et questions juridiques autour des opérations
Des experts remettent en question la légalité de ces opérations lorsque les personnes visées n’ont pas été interpellées ni interrogées, et des voix s’inquiètent des risques pour les civils et les activités civiles en mer des Caraïbes. Selon une notice envoyée par le Pentagone au Congrès, les États-Unis mènent un « conflit armé » contre les cartels latino-américains, désignés comme groupes terroristes et dont les membres présumés seraient des « combattants illégaux ». Donald Trump accuse notamment le président vénézuélien Nicolás Maduro de faire partie d’un cartel; Maduro nie, dénonçant des tentatives de déstabilisation par les États-Unis et affirmant que Washington cherche à s’emparer du pétrole du pays. Les États-Unis ont effectué des démonstrations de force près du Venezuela, notamment avec des bombardiers ayant survolé la mer des Caraïbes à plusieurs reprises depuis la mi-octobre, et un porte-avions a été dépêché vers la zone. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, a appelé fin octobre à cesser ces opérations et à lancer des enquêtes rapides, indépendantes et transparentes; des familles des victimes et certains gouvernements estiment que de nombreuses personnes tuées étaient des civils, principalement des pêcheurs.