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Trump: 30–50 millions de barils vénézuéliens livrés aux USA

par Sara
Venezuela, États-Unis

Le président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis recevraient entre 30 et 50 millions de barils de pétrole vénézuélien soumis aux sanctions, précisant que ce pétrole serait vendu au prix du marché et que les recettes seraient contrôlées par Washington pour « profiter au peuple du Venezuela et des États‑Unis », selon ses propos publiés sur sa plateforme. Il a ajouté avoir ordonné à son secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, d’exécuter le plan « immédiatement ».

Détails logistiques avancés par la Maison‑Blanche

Selon la communication présidentielle, le chargement serait acheminé par des navires de stockage puis déposé directement sur des quais d’un port américain. Ces éléments soulèvent cependant des questions pratiques et juridiques quant à l’acheminement et au calendrier exact des livraisons.

Par ailleurs, les grandes compagnies pétrolières américaines n’ont pas formulé de réponse officielle immédiate. Des représentants des groupes majeurs doivent néanmoins rencontrer le président pour discuter du dossier, d’après les indications transmises par l’administration.

Interrogations sur le volume et le calendrier

Des experts relèvent que l’impact réel dépendra fortement de la périodicité de ces livraisons. « Trente à cinquante millions de barils sur quel horizon ? », note un spécialiste de l’énergie rattaché au Baker Institute à Houston. En effet, si ce volume arrivait en l’espace d’un mois, il représenterait une part conséquente de la production vénézuélienne actuelle ; étalé sur un an, il resterait relativement modeste.

Investissements nécessaires et obstacles structurels

Restaurer la production pétrolière du Venezuela à des niveaux proches de son pic des années 1990 exigerait des investissements massifs et plusieurs années de travaux. Une estimation d’un cabinet de conseil norvégien évalue à environ 110 milliards de dollars le capital requis pour ramener la production à environ deux millions de barils par jour.

De plus, certains observateurs demeurent sceptiques quant à la volonté des entreprises américaines d’engager des sommes importantes en raison des antécédents de nationalisations et de confiscations d’actifs sous les gouvernements précédents, ainsi que des procédures d’arbitrage non réglées. Par le passé, ExxonMobil et ConocoPhillips ont obtenu des sentences arbitrales de plusieurs milliards de dollars à l’encontre de Caracas, sans que les paiements n’aient été effectués.

État actuel du secteur pétrolier vénézuélien

Chevron reste la seule grande compagnie américaine encore active sur place, avec une production estimée à environ 150 000 barils par jour. Longtemps parmi les principaux producteurs mondiaux, le Venezuela a vu son secteur décliner sous l’effet des sanctions, du sous‑investissement, de la mauvaise gestion et de la corruption.

Bien que le pays détienne les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, sa production actuelle ne représente qu’une fraction marginale de l’offre globale, soit moins de 1 %.

Enjeux et incertitudes

Au-delà des aspects logistiques et juridiques, la déclaration présidentielle soulève des questions géopolitiques et économiques importantes : qui contrôlera effectivement les revenus, comment seront‑elles utilisées concrètement, et quel impact ces opérations auront‑elles sur les marchés pétroliers mondiaux ?

Sans calendrier précis ni détails supplémentaires sur la mise en œuvre, l’annonce reste difficile à évaluer. Les prochaines réunions entre l’administration et les acteurs industriels, ainsi que les décisions opérationnelles à venir, devraient permettre d’éclairer la portée réelle de ce plan.

source:https://www.aljazeera.com/economy/2026/1/7/trump-says-venezuela-to-hand-over-up-to-50-million-barrels-of-oil-to-us

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