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Les récentes déclarations de Donald Trump concernant la guerre en Ukraine suscitent des interrogations sur les réelles motivations de Moscou et sur les conséquences d’une telle position dans le cadre des négociations de paix.
La demande de Trump pour des élections en Ukraine
À Kyiv, Trump a exigé que des élections nationales aient lieu en Ukraine comme condition préalable à tout accord de paix, tout en qualifiant le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy de « dictateur ». Lors d’une conférence de presse, Trump a affirmé : « Ce n’est pas une demande de la Russie. Cela vient de moi et de nombreux autres pays ». Il a également avancé de manière erronée que Zelenskyy avait un taux d’approbation de 4 %.
Les répercussions sur la position de négociation
Les analystes estiment que les actions de Trump pourraient nuire à la position de négociation de l’Ukraine. Moscou a déclaré que le mandat de Zelenskyy se terminait en mai et, par conséquent, il n’avait pas l’autorité légale pour signer un accord de paix. De plus, la loi martiale, qui interdit les élections en temps de guerre, est en vigueur depuis l’invasion à grande échelle de la Russie en Ukraine.
En réponse aux commentaires de Trump, Zelenskyy a expliqué : « Si quelqu’un veut me remplacer immédiatement, ce n’est pas possible tout de suite. » Il a également souligné que les affirmations concernant son faible taux d’approbation provenaient de désinformations russes, soulignant que 57 % des Ukrainiens lui faisaient confiance selon un sondage récent.
Les véritables motivations de Moscou
Aleksey Kushch, analyste basé à Kyiv, a suggéré que la demande de Moscou d’organiser des élections en Ukraine visait davantage à contrôler le gouvernement ukrainien qu’à promouvoir les droits électoraux. Selon lui, le Kremlin souhaite un gouvernement ukrainien « plus obéissant », capable de signer des accords de paix déjà rédigés par les États-Unis avec la Russie.
Un autre analyste, Vyacheslav Likhachyov, a noté que les élections servent à créer l’illusion que la majorité des Ukrainiens sont pro-russes, ce qui pourrait faciliter l’influence de Moscou sur le pays. Il a ajouté que l’approche de Trump pourrait renforcer cette dynamique, puisque le président américain semble considérer Zelenskyy comme un obstacle.
La faisabilité des élections
Dans le contexte actuel, il est peu probable que les plus de 6 millions d’Ukrainiens vivant dans des zones contrôlées par la Russie puissent participer à de telles élections. Des rapports des Nations Unies mentionnent un « climat de peur » dans l’est de l’Ukraine occupé, où des cas de torture et de détentions arbitraires ont été signalés.
Les millions de réfugiés ukrainiens dispersés à travers le monde rencontreraient également des difficultés logistiques pour se rendre dans les ambassades et consulats ukrainiens. Par exemple, Hanna Glushko, qui a fui Kharkiv en 2022 pour l’Autriche, s’interroge sur la possibilité de voyager avec ses enfants et sa mère malade.
Les enjeux politiques et historiques
Selon plusieurs analystes, les demandes de Trump sont irréalistes et visent à prolonger tactiquement les négociations de paix pour forcer les États-Unis à faire des concessions. Pour les Ukrainiens, cette pression externe rappelle les événements de 2014, lorsque le président pro-russe Viktor Yanukovych a été destitué durant une révolte populaire. Pendant cette période, la Russie a profité de la situation pour annexer la Crimée.
Vyacheslav, un soldat de 29 ans récupérant d’une blessure, a déclaré : « C’est dégoûtant de voir comment ils se préparent à partager l’Ukraine comme Staline et Hitler ont partagé la Pologne en 1939. Nous savons tous comment cela s’est terminé. »
