Accueil ActualitéTrump et le ‘discombobulator’ : arme secrète dans l’enlèvement Maduro

Trump et le ‘discombobulator’ : arme secrète dans l’enlèvement Maduro

par Sara

Le ministre de la Défense du Venezuela a accusé les États-Unis d’avoir utilisé le pays comme « laboratoire d’armes » lors de l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse, le 3 janvier. Selon Caracas, des technologies militaires avancées, jamais vues sur un champ de bataille, auraient été employées pendant l’opération.

Accusations du ministre vénézuélien

Le général Vladimir Padrino López a affirmé que des systèmes inédits avaient été utilisés contre les forces vénézuéliennes, provoquant de lourdes pertes humaines. Il a fait état de dizaines de soldats tués, ainsi que de victimes parmi des agents étrangers présents pour la protection du président.

Ces déclarations laissent entendre que l’opération n’était pas seulement un raid conventionnel, mais qu’elle aurait inclus l’emploi de moyens technologiques destinés à neutraliser défenses et communications.

Les déclarations de Donald Trump

De son côté, Donald Trump a évoqué publiquement l’usage d’une arme qu’il a qualifiée de « discombobulator ». Il a déclaré qu’il n’était « pas autorisé » à en parler et ajouté que cet équipement avait « rendu le matériel inopérant » pendant l’opération.

Plus tôt, il avait aussi mentionné l’emploi d’une arme « sonique » destinée, selon ses propos, à désorienter des gardes censés protéger Maduro dans une zone fortement fortifiée. Il a insisté sur le fait que certains systèmes exposés lors de l’attaque n’étaient possédés par aucun autre pays.

Récit des effets physiques rapportés

Un récit diffusé après l’opération décrivait une onde sonore extrêmement intense : saignements de nez, vomissements sanglants et sensation de tête « exploser de l’intérieur », selon un témoin. Ce témoignage n’a pas été confirmé de façon indépendante.

Ces symptômes, s’ils sont avérés, peuvent résulter d’une exposition à des dispositifs de désorientation ou d’effets de souffle, mais n’identifient pas nécessairement une nouvelle catégorie d’armes.

Armes « soniques » et dispositifs de désorientation connus

Plusieurs technologies non létales existent déjà pour dissuader ou détourner des personnes sans détruire du matériel. Les systèmes acoustiques directionnels, comme le LRAD, servent surtout à diffuser des messages à longue distance et peuvent, à haute puissance, provoquer douleur, vertige et nausées.

Un autre dispositif, souvent qualifié à tort d’arme « sonique », est l’Active Denial System (ADS). Il n’utilise pas le son mais des ondes millimétriques provoquant une sensation de brûlure sur la peau, poussant les personnes à se retirer.

Comment ces systèmes opèrent

Les projecteurs sonores directionnels concentrent l’énergie acoustique sur un faisceau étroit : à faible puissance ils transmettent des messages, à puissance élevée ils deviennent douloureux voire incapacitant. Cependant, ils n’ont pas pour vocation ni capacité d’affecter l’électronique militaire.

De même, l’ADS provoque un chauffage superficiel immédiat de la peau pour disperser des foules ; il s’agit d’un outil de contrôle d’accès et de périmètre, non d’un moyen de neutraliser radars ou communications.

Outils non cinétiques capables de neutraliser des équipements

Pour rendre des systèmes électroniques ou des réseaux inopérants, d’autres approches existent et sont régulièrement citées par les spécialistes :

  • Guerre électronique : brouillage des radars, perturbation des liaisons radio, tromperie des systèmes GPS et capteurs.
  • Opérations cyber-physiques : sabotages de réseaux et systèmes de contrôle industriel, à l’image de campagnes ayant visé des infrastructures sensibles par le passé.
  • Armes à énergie dirigée et contre-électronique : systèmes à micro-ondes de forte puissance conçus pour saturer ou endommager électroniquement des circuits sans recours à une explosion.
  • Munitions conductrices (graphite/carbone) : fibres conductrices dispersées qui peuvent provoquer des courts-circuits et des pannes électriques localisées.

Ces méthodes visent à aveugler, désorganiser et couper les moyens de coordination avant ou pendant une attaque, et peuvent donner l’impression que « tout s’arrête de fonctionner ».

Antécédents d’essais en conditions réelles

Depuis plusieurs décennies, des conflits ont servi de terrain d’expérimentation pour de nouvelles technologies : la guerre du Golfe en 1991 a illustré l’emploi massif d’avions furtifs, de munitions guidées et de guerre électronique.

D’autres opérations ont marqué l’utilisation stratégique du cyberespace ou d’armes à effet ciblé en situation réelle. L’emploi opérationnel permet de tester et d’améliorer des outils en conditions concrètes, parfois en coopération internationale.

Que peut signifier « discombobulator » ?

Le terme « discombobulator » n’a pas de définition technique officielle et semble fonctionner comme un label politique pour décrire des capacités non cinétiques. Les experts considèrent qu’il renvoie probablement à un ensemble d’outils destinés à perturber réseaux et défenses plutôt qu’à un appareil unique et nouveau.

Parmi les hypothèses plausibles figurent des attaques cyber visant les réseaux de commandement, des frappes ciblées sur relais et antennes, ou l’utilisation d’armes à micro-ondes pour neutraliser de l’électronique. En revanche, une arme purement sonique paraît peu compatible avec l’idée d’un effet massif sur des systèmes matériels.

En somme, si l’appellation « discombobulator » alimente spéculations et déclarations publiques, les éléments disponibles suggèrent que des techniques bien connues de guerre électronique, cyberopérations ou armes électromagnétiques restent les plus crédibles pour expliquer des pannes généralisées d’équipements.

source:https://www.aljazeera.com/features/2026/1/26/the-discombobulator-did-us-use-secret-weapon-in-maduro-abduction

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