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Pour l’Union européenne, c’est une semaine cruciale d’assemblées d’urgence réunissant ambassadeurs, ministres des Affaires étrangères, États membres et, enfin, les principaux dirigeants aux côtés de Donald Trump. Organisées à la hâte et en visioconférence, ces consultations s’emploient à affirmer un message commun: la paix en Ukraine ne saurait se faire sans les Ukrainiens et doit respecter l’intégrité territoriale du pays ainsi que les intérêts de sécurité vitaux des Européens.
Unité européenne face à une réalité diplomatique difficile
Ces efforts d’unité et de clarté peinent toutefois à se traduire en avancées concrètes sur le terrain diplomatique. Trump évoque encore des « échanges de territoires », une expression qui demeure un euphémisme pour l’occupation russe, tout en affirmant vouloir organiser rapidement une rencontre avec ses homologues russe et ukrainien. Après l’entretien avec Trump, que celui-ci a qualifié de « très bon appel », le président américain a menacé Moscou de « conséquences très graves » si la guerre se poursuit.
Réactions et réassurances des Européens après la rencontre
A leur sortie de la réunion, les dirigeants européens ont tenté de dissiper l’idée d’un isolement. Emmanuel Macron a déclaré qu’il était « parfaitement naturel » que cette rencontre bilatérale entre Trump et Poutine ait lieu, et que l’important résidait dans une coordination sur les questions relatives à l’Europe et à notre sécurité collective. Le détail des échanges montre une volonté de préserver une unité autour d’un cadre commun, tout en reconnaissant les limites de l’influence européenne lorsque les grands axes de décision restent bilatéraux.
Conditions préalables et priorités pour des négociations
Les dirigeants ont réaffirmé qu’un cessez-le-feu entre Moscou et Kyiv « doit venir en premier » pour que les négociations puissent se dérouler dans le « bon ordre », a rappelé le chancelier allemand. Emmanuel Macron a ajouté que Trump pourrait chercher à obtenir une trilatérale avec Zelensky et Poutine, une configuration que la France souhaiterait voir se dérouler en Europe. Malgré ces indications, l’issue de la rencontre en Alaska demeure incertaine et l’optimisme reste prudent.
Analyse et perceptions des équilibres de puissance
Selon Cyrille Bret, chercheur à l’Institut Montaigne, les présidents russes et américains s’accordent sur la volonté d’écarter l’Europe des discussions et de marginaliser l’UE, préférant revenir à un échange bilatéral proche de l’ère de la guerre froide. L’absence d’un outil militaire européen limiterait les capacités du continent à peser sur le processus. D’autres voix, comme celle de Mark Rutte, ont évoqué une « occupation de facto mais non de jure » d’une partie du territoire ukrainien par la Russie, suscitant l’indignation des partisans de l’Ukraine et des États nordiques et baltiques, qui renforcent leurs efforts en matière de défense.
Soutien militaire et enjeux financiers pour l’Europe
L’Europe demeure, de loin, le principal soutien militaire de l’Ukraine depuis le début de l’année, compensant notamment la suspension de l’aide américaine. Elle contrôle également une part significative des avoirs russes gelés, à hauteur d’environ 256 milliards d’euros, qui pourraient constituer un levier dans l’élaboration d’une paix durable. Selon les analystes, Trump ne parviendra au mieux qu’à décrocher un cessez-le-feu sans que l’Europe puisse être pleinement associée de manière durable aux négociations.